À Alcorcón, un parc de banlieue abrite les dieux de l'Olympe
Le parc de La Ribota, à Alcorcón, près de Madrid, abrite une série de fontaines sculptées représentant les dieux de l'Olympe et les planètes du système solaire, une œuvre du peintre et sculpteur Ángel Aragonés.
À première vue, La Ribota ressemble à n'importe quel parc de banlieue. Situé à la lisière sud d'Alcorcón, une ville de la périphérie madrilène davantage connue pour ses barres d'immeubles et ses centres commerciaux que pour la mythologie classique, cet espace vert accueille les promeneurs en quête d'un peu de calme. Pourtant, entre les pelouses et les allées, un panthéon céleste entier attend le visiteur.
Au centre du dispositif trône Apollon, figure du Soleil, installé dans une imposante fontaine. Autour de lui, des chemins rayonnent comme les orbites des planètes, conduisant à une série de bassins plus modestes, chacun peuplé d'une divinité. On y trouve Mercure, le messager aux pieds ailés, Vénus, déesse de l'amour, Gaïa, incarnation de la Terre, mais aussi Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton. L'ensemble est l'œuvre du peintre, sculpteur et paysagiste Ángel Aragonés.
Les sculptures adoptent un style volontairement simplifié et frontal. Leurs attributs traditionnels — le caducée de Mercure, la beauté de Vénus, la puissance de Jupiter — les rendent cependant immédiatement reconnaissables. Le promeneur qui flâne dans le parc se retrouve ainsi, sans l'avoir cherché, dans une sorte de manuel de mythologie gréco-romaine à ciel ouvert.
Pluton mérite une mention particulière. En 2006, l'Union astronomique internationale a rétrogradé cette lointaine planète au rang de « planète naine ». Le parc de La Ribota, lui, a choisi de ne pas se plier à cette décision administrative. Ici, Pluton reste fermement installé parmi les planètes, à sa place au bout du système solaire. Une manière de rappeler que la culture populaire et l'imaginaire collectif ont parfois leurs propres règles, loin des classifications scientifiques.
Le parc doit une partie de son charme à la lumière. En fin de journée, le soleil déclinant transforme les sculptures et les jeux d'eau, modifiant l'aspect des dieux et des bassins au fil des minutes. Chaque heure apporte une atmosphère différente, comme si le panthéon s'animait lentement avant la tombée de la nuit.
L'endroit illustre une tendance plus large : celle des villes de banlieue qui, loin des centres historiques, cherchent à affirmer une identité culturelle propre. Alcorcón, souvent réduite à sa fonction résidentielle, dispose avec La Ribota d'un espace singulier, à la croisée de l'art public, du paysage et de la vulgarisation scientifique. Un lieu qui ne paie pas de mine, mais qui invite à lever les yeux vers le ciel — et vers ses dieux.
