À Nantes, une ancienne cabine d'aiguillage devient un kiosque-bar rouge orangé
Studio Téré transforme une cabine d'aiguillage ferroviaire des années 1960 en kiosque-bar public au cœur des Jardins de l'Estuaire, sur l'île de Nantes.
Une ancienne cabine d'aiguillage ferroviaire des années 1960 connaît une seconde vie sur l'île de Nantes. Le projet L'Aiguilleuse, mené par l'agence Studio Téré, transforme ce bâtiment technique en un kiosque-bar ouvert au public, installé au cœur des Jardins de l'Estuaire, un nouveau parc urbain de la ville.
La structure faisait autrefois partie de l'infrastructure ferroviaire de Nantes-État et contrôlait les mouvements des trains entrant en gare. À mesure que le paysage ferroviaire environnant disparaissait, la cabine est demeurée comme un fragment distinctif de l'histoire industrielle du site. Plutôt que de la remplacer, le projet lui attribue une nouvelle fonction publique : un lieu de rencontre, de repos et de petite restauration, qui prolonge la vie de ce patrimoine ferroviaire tout en préservant son identité.
D'une surface de 36 mètres carrés, l'intérieur est entièrement dédié à l'exploitation du kiosque-bar. La relation avec les visiteurs se noue donc principalement à l'extérieur. Les interventions de Studio Téré se veulent volontairement discrètes et lisibles. Le rez-de-chaussée s'ouvre largement sur l'espace public : trois façades se déploient grâce à des fenêtres à guillotine et des volets métalliques repliables, révélant le comptoir et transformant le bâtiment en un pavillon ouvert, connecté au parc environnant.
La couleur rouge orangé souligne la métallerie, la menuiserie et les lettrages de façade, renforçant la présence du bâtiment dans le paysage. Deux grandes compositions de lettrage peint contribuent à la nouvelle identité du lieu. L'intervention conserve plusieurs éléments caractéristiques de l'ancienne cabine, notamment l'horloge d'origine et les feux de signalisation ferroviaire. Ces éléments sont intégrés à la nouvelle identité du bâtiment et maintiennent un lien direct avec son usage passé.
La nuit, le niveau supérieur devient un signal lumineux au sein du parc. Le programme du nouvel établissement a été élaboré à l'issue d'un processus de concertation publique associant les habitants et les futurs usagers. Le nom « L'Aiguilleuse » renvoie aux anciens opérateurs d'aiguillage ferroviaire, tandis que sa forme féminine s'inscrit dans un effort plus large de féminisation des noms dans l'espace public.
En transformant cette cabine d'aiguillage en un nouveau lieu public, L'Aiguilleuse devient un repère urbain dans un quartier en pleine mutation. Le projet, porté par l'agence Studio Téré, a été réalisé pour le compte de la SAMOA, la Société d'Aménagement de la Métropole Ouest Atlantique. Les photographies du lieu ont été signées Nina Ducleux.
L'opération illustre une tendance de fond dans l'aménagement urbain : réemployer des bâtiments techniques obsolètes plutôt que de les démolir, en leur confiant des usages contemporains. La cabine, longtemps dédiée au contrôle du trafic, devient ainsi un point de halte et de sociabilité au sein d'un parc nantais en développement, tout en conservant les traces visibles de son passé ferroviaire.
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