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15 Septembre 2026

A Backyard Greenhouse That Moonlights as an Outdoor Living Room

Culture

À Nice, la maison d'Adam et Ève conserve sa façade peinte de 1584

Située au 8 rue Poissonnerie, cette demeure du Vieux-Nice abrite l'un des derniers exemples de façade ornée par la technique du sgraffito, un savoir-faire italien de la Renaissance encore visible dans la ville.

Bastien Perrin 3 min Atlas Obscura - Latest Articles and Places

Au cœur du Vieux-Nice, une façade discrète continue de raconter une histoire vieille de plus de quatre siècles. Au 8 rue Poissonnerie, la maison dite d'Adam et Ève conserve un décor peint remontant à 1584, ce qui en fait l'un des ultimes témoignages de ce type d'ornementation encore debout dans la cité azuréenne. Pour les amateurs de patrimoine, le lieu constitue une halte précieuse, à l'écart des circuits les plus fréquentés.

La technique employée, appelée sgraffito, s'est diffusée en Italie aux XVe et XVIe siècles avant de gagner la région niçoise. Elle consiste à superposer sur un enduit encore humide plusieurs couches de plâtre teinté de couleurs contrastées, puis à gratter la surface pour faire apparaître le motif. Le résultat donne l'impression d'un bas-relief, alors que le décor reste parfaitement plat. Cette méthode exige une grande maîtrise, car la moindre erreur de grattage ne peut être corrigée.

La scène représentée prête encore à discussion. Certains y voient Adam et Ève dans le jardin d'Éden, reconnaissables à leurs silhouettes nimbées de feuillage. D'autres, s'appuyant sur des traditions locales, estiment que le panneau figure plutôt le couple de propriétaires qui occupait les lieux à l'époque de la décoration. Quelle que soit l'interprétation retenue, l'ensemble demeure l'un des meilleurs exemples conservés de cette architecture à Nice.

La rareté de ce vestige tient autant à sa facture qu'à sa survie. Les façades peintes de la Renaissance ont souvent disparu sous l'effet de l'humidité, des remaniements urbains ou des repeints successifs. Que celle-ci ait traversé les siècles, dans une rue étroite du centre ancien, relève presque de l'exception. Elle rappelle aussi l'importance des échanges artistiques entre Nice et la péninsule italienne, à une époque où la ville entretenait des liens étroits avec Gênes et la Toscane.

Pour les visiteurs, la maison d'Adam et Ève s'inscrit dans un parcours plus large à travers le Vieux-Nice, où se mêlent palais baroques, églises et ruelles marchandes. Sa localisation, à deux pas du cours Saleya, permet de la découvrir sans détour. Les spécialistes du patrimoine continuent d'étudier ces décors pour mieux comprendre les pratiques des ateliers locaux et la circulation des modèles ornementaux en Méditerranée.

Si l'attribution exacte de la scène reste incertaine, l'intérêt du bâtiment ne se dément pas. Il témoigne d'un moment où la façade n'était pas un simple mur, mais un support narratif destiné à affirmer un statut, une foi ou une légende familiale. À l'heure où les centres historiques cherchent à préserver leur identité, ce type de vestige rappelle que le patrimoine niçois ne se limite pas aux grands monuments, mais se niche aussi dans des rues discrètes, à hauteur de regard.

Bastien Perrin

Auteur

Analyste économie

Bastien Perrin couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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