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18 Octobre 2026

Calderoliver

Culture

À Sinnai, une école sarde habillée d'aluminium micro-perforé

L'agence italienne Leicho architettura signe à Sinnai, en Sardaigne, une école qui remplace un bâtiment obsolète par un équipement civique où une façade métallique compacte enveloppe un intérieur poreux organisé autour d'une agorà centrale.

Anaïs Aubert 3 min architecture archives | designboom | architecture & design magazine

À Sinnai, en Sardaigne, l'agence italienne Leicho architettura a livré la nouvelle école de Via Caravaggio, un équipement civique qui se substitue à une structure obsolète. Le projet repose sur un contraste assumé entre une enveloppe extérieure compacte et immédiatement identifiable et un intérieur perméable, pensé comme un paysage d'apprentissage continu. La façade, entièrement gainée de panneaux d'aluminium ondulé micro-perforé, adoucit les arêtes droites par des marges courbes et fait varier l'apparence du bâtiment au fil de la lumière naturelle.

Cette peau métallique texturée confère à l'école une présence singulière dans le quartier, au point d'en faire un repère visuel. Un profond renfoncement marque le passage de la place publique à l'intérieur du bâtiment, soulignant la dimension civique de l'édifice. Le choix de l'aluminium micro-perforé ne relève pas seulement de l'effet plastique : il permet de moduler la lumière et de donner à un volume aux contours nets une qualité visuelle changeante selon les heures de la journée.

À l'intérieur, la géométrie rigide de la coque se dissout dans un espace fluide. Au centre du bâtiment de deux niveaux se trouve une agorà, une grande salle commune non spécialisée à double hauteur, équipée de gradins intégrés — le koilon — faisant face à une salle de musique, la skené, séparée par une paroi mobile. Cet atrium central peut ainsi fonctionner indifféremment comme auditorium, médiathèque ou lieu de rassemblement.

Autour de ce cœur, les salles de classe et les laboratoires adoptent des géométries variées, des murs concaves et des implantations de fenêtres différentes, afin d'éviter toute répétition. Les circulations larges, les niches assises et les cours vertes intégrées deviennent des zones d'apprentissage informelles : les couloirs traditionnels se transforment en espaces publics utilisables. Des cloisons mobiles permettent d'adapter les lieux aux différentes méthodes pédagogiques, tandis que la transparence entre les espaces crée des liens visuels entre les fonctions.

Le projet, photographié par Cèdric Dasesson, illustre une manière de repenser le rapport entre architecture publique, pédagogie et identité urbaine. En Sardaigne, il inscrit l'école dans le débat contemporain sur les équipements collectifs, où la flexibilité des usages et la qualité des espaces partagés comptent autant que la performance technique du bâtiment.

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Anaïs Aubert

Auteur

Rédactrice actualités

Anaïs Aubert couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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