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Cortex

21 Septembre 2026

Culture

BIG conçoit Macondo Park, une ville éphémère pour la résidence de Shakira à Madrid

Le studio d'architecture Bjarke Ingels Group a imaginé Macondo Park, un site culturel temporaire de 185 000 m² à Villaverde pour la résidence madrilène de Shakira, avec des structures réutilisables et plus de 500 arbres.

Anaïs Aubert 4 min Designboom

Pour sa résidence madrilène, Shakira ne se contente pas d'un stade. Le site Iberdrola Music de Villaverde, vaste espace de 185 000 mètres carrés, a été transformé en Macondo Park, un paysage culturel temporaire conçu par le studio d'architecture Bjarke Ingels Group (BIG). Pendant près d'un mois, du 18 septembre au 11 octobre 2026, ce lieu hybride accueillera plus de 50 000 spectateurs par soir, mais aussi des pavillons colorés, des marchés, des espaces de restauration, d'art, de mode, de cinéma et des aires dédiées aux enfants.

L'ambition affichée est de dépasser la logique de l'aréna classique. « L'architecture est conçue non seulement pour accueillir de grandes foules, mais aussi pour guider les gens, créer des moments de découverte et offrir des lieux où se rassembler, célébrer et trouver de l'ombre tout au long de la journée », explique Stefani Fachini de Araujo, associée chez BIG et directrice du design du projet. Le public entre par une série d'arches Es Latina, chacune associée à une couleur et à un parcours correspondant à travers le site. Ces chemins mènent à douze pavillons temporaires, dont huit sont consacrés à des piliers de la culture latino-américaine, ainsi qu'à des zones réservées aux fans, aux VIP et aux enfants.

Au centre du dispositif se dresse le Macondo Tree, un repère partagé qui tient lieu de place de village. Plus de 500 arbres et îlots plantés, inspirés des paysages méditerranéens, espagnols et latino-américains, réduisent l'échelle de l'immense esplanade et créent des poches d'ombre. « Tout au long du parcours, plus de 500 arbres apportent une échelle humaine au site, transformant un vaste terrain événementiel en parc », poursuit la directrice du design. La référence à Macondo, ville fictive de Gabriel García Márquez dans Cent ans de solitude, sert moins de reconstitution littérale que de cadre spatial mêlant narration, culture populaire et célébration collective.

Construire cet univers temporaire a impliqué de composer avec l'échelle et le temps. Le processus de conception a duré environ six mois, tandis que certains pavillons ont été assemblés en une dizaine de jours. « Cela nous a conduits à travailler avec les composants que l'on trouve dans tout grand événement, comme des fermes, des échafaudages, des conteneurs et des systèmes de support de scène, et à repenser leur assemblage », détaille Stefani Fachini de Araujo. Enveloppées de tissus aux couleurs vives, ces infrastructures familières deviennent une famille de structures ombragées, chacune dotée d'une identité propre mais d'un squelette délibérément pragmatique.

La nature éphémère du projet a aussi dicté ce qui adviendra après le dernier concert. « Sachant dès le départ qu'il serait démonté, nous avons choisi chaque élément en pensant à sa vie suivante », confie la directrice du design. Les structures et les tissus sont destinés à être réutilisés, le gazon artificiel pourra être installé dans des écoles et des aires de jeux, et les arbres retourneront en pépinière. Pour un projet conçu autour du spectacle, sa disparition a été pensée avec un soin inhabituel.

Macondo Park s'inscrit ainsi dans une tendance de fond où l'architecture événementielle cherche à prolonger son usage au-delà de la performance. En intégrant des matériaux réemployables et un paysage végétal déplaçable, BIG propose un modèle qui interroge la manière dont les grandes tournées et les festivals peuvent limiter leur empreinte tout en offrant une expérience plus riche que celle d'un stade traditionnel. Reste à voir si ce type de dispositif, encore rare à cette échelle, inspirera d'autres productions culturelles en Europe.

Anaïs Aubert

Auteur

Rédactrice actualités

Anaïs Aubert couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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