L’écrivain et scénariste Didier Decoin, prix Goncourt 1977 et ancien président de l’Académie Goncourt, est mort mercredi 5 août 2026 à l’âge de 81 ans. L’institution a annoncé son décès dans un communiqué, saluant « un romancier qui avait une haute idée de la langue et de la littérature » et dont l’œuvre « en témoigne ».

Julien Decoin, son fils, a confirmé à l’AFP que l’écrivain s’est éteint au matin du 5 août à l’hôpital de Villejuif, dans le Val-de-Marne, « après s’être battu avec force et courage contre le cancer depuis plusieurs années ». Il a ajouté que Didier Decoin sera enterré « face à la mer, qu’il aimait tant », à Auderville, dans le Cotentin, où il possédait une maison.

Né le 13 mars 1945 à Boulogne-Billancourt, Didier Decoin était le fils du cinéaste Henri Decoin. Il a d’abord fait carrière dans le journalisme, au quotidien France-Soir, avant de collaborer aux Nouvelles littéraires, à Europe 1 et à VSD. Très jeune, il se tourne vers l’écriture: son premier roman, « Le Procès de l’amour », paraît alors qu’il a 20 ans. Il en publiera une trentaine d’autres, parmi lesquels « L’Enfant de la mer de Chine », « Meurtre à l’anglaise » et « Madame Seyerling ».

En 1977, il obtient la consécration avec le prix Goncourt pour « John l’Enfer ». Ce roman reste associé à son nom, aux côtés de nombreux autres titres. Passionné de faits divers, Didier Decoin avait publié en avril 2026 son dernier roman, « Maypops », aux éditions Stock, inspiré d’une histoire vraie survenue dans le sud des États-Unis.

L’écrivain a également été un scénariste prolifique. Il a travaillé pour le cinéma avec des réalisateurs comme Marcel Carné, Robert Enrico ou Henri Verneuil, et beaucoup pour la télévision. Il a dirigé la fiction de France 2 et a reçu en 1999 le Sept d’Or du meilleur scénario pour la mini-série « Le Comte de Monte-Cristo ».

Membre de l’Académie Goncourt, Didier Decoin en a été élu président en janvier 2020, après la démission de Bernard Pivot. Il a exercé cette fonction jusqu’en 2024, tout en continuant de suivre l’actualité littéraire de près. Son fils a témoigné de cet engagement: « Il n’a jamais cessé de s’investir dans l’Académie Goncourt. Il y a quelques jours, il était encore en train de lire les livres de la rentrée littéraire », à quelques semaines de la remise du prix Goncourt, prévue début novembre. En 2023, il avait encore participé à une rencontre des membres de l’Académie en Pologne.

Homme de lettres complet, Didier Decoin aura traversé plusieurs vies: presse écrite, radio, roman, cinéma et télévision. Son goût de la lecture ne l’a jamais quitté. « Il aimait tellement lire. Soit il lisait, soit il écrivait », a résumé son fils.

Sa disparition laisse un vide dans le paysage littéraire français. L’Académie Goncourt a rendu hommage à un romancier exigeant. Didier Decoin laisse une œuvre abondante, du premier roman publié à 20 ans jusqu’à « Maypops », paru quelques mois avant sa mort.