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1 Octobre 2026

Culture

Égypte : un temple de Taposiris Magna pourrait abriter la tombe de Cléopâtre

De nouvelles fouilles menées à Taposiris Magna, à l'ouest d'Alexandrie, relancent l'hypothèse selon laquelle le temple abriterait la sépulture perdue de Cléopâtre VII, dernière reine d'Égypte.

Adrien Delorme 4 min Elle Decor Italia

La tombe de Cléopâtre VII, dernière souveraine de l'Égypte ptolémaïque, n'a jamais été retrouvée. Mais de récents travaux archéologiques menés sur le site de Taposiris Magna, à l'ouest d'Alexandrie, donnent un nouvel élan à une théorie défendue depuis plusieurs années : le temple de cette cité antique pourrait dissimuler la sépulture de la reine, disparue en 30 avant notre ère.

Les fouilles en cours sur ce site côtier de la région d'Abousir, non loin du lac Mariout, ont mis au jour des structures et des indices qui renforcent l'hypothèse d'une sépulture royale. Taposiris Magna, fondée à l'époque ptolémaïque, était consacrée à Osiris, dieu de la mort et de la renaissance. Cette dévotion funéraire explique en partie l'intérêt que les archéologues portent depuis longtemps à ce lieu, considéré comme un candidat sérieux pour abriter la tombe de la dernière reine d'Égypte.

Selon la tradition antique, Cléopâtre et son amant Marc Antoine se seraient donné la mort après leur défaite face à Octave, futur empereur Auguste, lors de la bataille d'Actium en 31 avant notre ère. La reine aurait été inhumée aux côtés d'Antoine dans un tombeau dont l'emplacement exact n'a jamais été identifié. Les auteurs anciens, notamment Plutarque, évoquent un monument situé dans le quartier royal d'Alexandrie, mais aucune trace matérielle n'en a été formellement retrouvée.

L'hypothèse de Taposiris Magna repose sur plusieurs éléments. Le temple, dont les vestiges sont encore visibles, présentait une importance religieuse majeure à l'époque hellénistique. Des fouilles antérieures y ont livré des pièces de monnaie à l'effigie de Cléopâtre, des statuettes et des inscriptions, autant d'indices qui suggèrent un lien direct entre le sanctuaire et la souveraine. La découverte de tunnels et de chambres souterraines a également nourri l'espoir d'une découverte exceptionnelle.

Les recherches sur ce site s'inscrivent dans un contexte plus large de redécouverte du patrimoine égyptien antique. L'Égypte connaît depuis plusieurs années un regain d'intérêt archéologique, porté par des missions nationales et internationales, et par une volonté de valoriser un héritage millénaire auprès du grand public. La figure de Cléopâtre, tour à tour reine savante, stratège politique et symbole de séduction, continue d'exercer une fascination particulière, bien au-delà des cercles scientifiques.

Pour les archéologues, la prudence reste toutefois de mise. Aucune preuve décisive ne permet à ce stade d'affirmer que le temple de Taposiris Magna abrite la tombe de Cléopâtre. Les recherches se poursuivent, et chaque nouvelle campagne apporte son lot d'éléments à analyser. La confirmation d'une telle découverte constituerait pourtant l'une des plus grandes avancées de l'archéologie égyptienne contemporaine, comparable à la mise au jour du tombeau de Toutânkhamon en 1922.

En attendant, le site de Taposiris Magna demeure un lieu de mémoire et d'étude, où se croisent l'histoire ptolémaïque, la religion osirienne et le mythe de la dernière reine d'Égypte. Les prochaines fouilles diront si le temple garde encore, sous ses pierres, l'un des secrets les mieux conservés de l'Antiquité.

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Adrien Delorme

Auteur

Correspondant politique

Adrien Delorme couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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