En Thaïlande, des étudiants en architecture construisent des toilettes scolaires en bois de récupération
Quarante et un volontaires de l'AKU ASA Volunteer Camp ont bâti en onze jours un bloc sanitaire pour une école primaire de la province de Suphanburi, à partir de bois issu de l'ancien bâtiment scolaire.
Quarante et un étudiants en architecture ont construit à la main un bloc sanitaire pour une école primaire de la province de Suphanburi, en Thaïlande, dans le cadre de la vingtième édition de l'AKU ASA Volunteer Camp. Le chantier a duré onze jours et a mobilisé des volontaires venus pour la plupart sans expérience préalable de la construction.
L'école primaire Song Phi Nong avait besoin d'une petite installation sanitaire. Son terrain n'offrait guère plus qu'un espace ouvert, ombragé par un Nontri adulte. C'est ce contexte qui a guidé la conception du bâtiment, menée par le studio SEP. L'ombre de l'arbre et la circulation naturelle de l'air transforment l'espace entre les lavabos et les cabines en une zone qui peut servir de lieu de repos, de jeu ou de rafraîchissement, plutôt qu'en simple couloir fonctionnel.
Le choix du programme marque une rupture avec les éditions précédentes du camp, qui avaient produit des pavillons et des salles polyvalentes. En retenant un bloc sanitaire, les organisateurs ont déplacé l'attention vers un domaine rarement abordé dans les travaux d'étudiants : la conception sanitaire et la manière dont la plomberie est façonnée par le bâtiment et son site.
Les matériaux portent eux aussi une histoire. L'équipe de conception a récupéré du bois provenant du bâtiment d'origine de l'école, une salle de classe de style chinois construite il y a environ soixante ans. Ce bois donne à la nouvelle structure un lien physique avec le passé de l'établissement. Chaque composant a été assemblé à la main par les volontaires.
Depuis des années, l'AKU ASA Volunteer Camp sert de lieu de rencontre où étudiants en architecture et artisans locaux échangent des savoir-faire menacés de disparition d'une génération à l'autre. Cette édition prolonge cette logique en confrontant les participants à une infrastructure concrète, loin du seul travail sur la forme. Le résultat est un bâtiment modeste, mais qui élargit ce qu'un camp de volontaires peut enseigner : l'architecture ne se limite pas à la conception formelle, elle englobe aussi les infrastructures, la réutilisation des matériaux et la transmission patiente des gestes techniques.
Le projet, baptisé Phi Sorn Nong Toilet, a été documenté par le studio SEP et présenté comme une contribution volontaire. Il illustre une approche où la contrainte du site, la mémoire des matériaux et l'apprentissage collectif définissent l'ouvrage autant que son dessin.
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