Gerda Taro, pionnière du photoreportage de guerre, s'offre une avant-première mondiale à Venise
Un film consacré à Gerda Taro, première femme photoreporter tuée en couverture de guerre, a été présenté en avant-première mondiale à la Mostra de Venise.
Un long-métrage consacré à Gerda Taro, pionnière du photoreportage de guerre et compagne de Robert Capa, a été dévoilé en avant-première mondiale lors de la Mostra de Venise. Le film revient sur le destin hors normes de celle qui fut la première femme photojournaliste à perdre la vie sur un théâtre d'opérations militaires, en 1937 pendant la guerre d'Espagne.
L'œuvre cinématographique s'attache à restituer le parcours de cette figure longtemps éclipsée par la postérité de Robert Capa, avec qui elle partagea bien plus qu'un objectif. Leur collaboration, à la fois amoureuse et professionnelle, a profondément marqué l'histoire du photojournalisme moderne. Le film explore la manière dont Gerda Taro a contribué à forger l'image publique de Capa tout en développant un regard singulier sur les conflits de son époque.
Née en Allemagne en 1910 dans une famille juive, Gerta Pohorylle fuit le régime nazi pour rejoindre Paris au début des années 1930. C'est là qu'elle rencontre André Friedmann, futur Robert Capa. Ensemble, ils inventent un personnage de photographe américain imaginaire pour vendre leurs clichés à des tarifs plus élevés. Gerda Taro se forme ensuite au métier de photoreporter et couvre les grands événements de la guerre civile espagnole, où ses images de soldats républicains et de civils marqueront les esprits.
Sa mort tragique, à seulement 26 ans, lors de la bataille de Brunete, a longtemps été entourée de zones d'ombre. Certaines de ses photographies furent attribuées à tort à Robert Capa, qui signait parfois ses propres tirages du nom de son ancienne compagne. Ce n'est que récemment que les historiens ont entrepris de rétablir la place de Gerda Taro dans l'histoire de la photographie, grâce notamment à la redécouverte de ses archives personnelles.
La sélection vénitienne de ce biopic s'inscrit dans un mouvement plus large de réhabilitation des femmes artistes et intellectuelles du XXe siècle, dont les contributions ont souvent été minorées par l'histoire officielle. Le film devrait permettre au grand public de découvrir une figure majeure du photoreportage, dont l'œuvre et le destin tragique continuent d'interroger notre rapport aux images de guerre.
La Mostra de Venise, qui se tient chaque année sur l'île du Lido, constitue une vitrine de choix pour ce projet ambitieux. La présentation du long-métrage a été saluée par la critique, qui y voit une occasion de redonner à Gerda Taro la place qui lui revient dans le panthéon des grands reporters. Le film n'a pas encore de date de sortie annoncée pour les salles françaises.
