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28 Août 2026

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Culture

Helen & Hard signe une cabane en épicéas entiers sur la côte atlantique norvégienne

Le studio Helen & Hard achève à Randaberg une cabane de 112 m² dont la structure est formée de dix-huit épicéas entiers, racines comprises, selon une technique héritée de la construction navale viking.

Céline Girard 5 min Designboom

Sur un promontoire rocheux de Randaberg, en Norvège, dix-huit épicéas entiers traversent la cabane Sande d’Helen & Hard, leurs systèmes racinaires se déployant au plafond là où colonnes et poutres se rejoignent. Les fondateurs du studio, Reinhard Kropf et Siv Helene Stangeland, ont conçu ce refuge de 112 mètres carrés comme leur propre résidence, après douze années d’esquisses et d’affinements. Le bâtiment remplace une cabane des années 1970 située sur le même terrain, où les contraintes d’urbanisme locales imposaient de rester dans l’emprise et la hauteur d’origine.

De l’extérieur, la forme basse épouse la roche. À l’intérieur, les arbres donnent à la maison sa structure et une grande partie de son caractère. Helen & Hard s’est inspiré des traditions de construction navale norvégiennes remontant à l’ère viking pour ces assemblages. Les charpentiers de marine utilisaient les courbures naturelles où le tronc rencontre la racine pour renforcer les membrures des navires en bois. Pour la cabane Sande, chaque épicéa a été extrait avec ses racines intactes, nettoyé et séché à l’air pendant huit mois avant d’être scanné. Des modèles numériques ont cartographié les formes irrégulières, puis des robots ont fraisé des assemblages sur mesure directement dans les racines, afin que chaque arbre s’intègre au système de colonnes et de poutres.

Quatre rangées de colonnes s’étendent en éventail, ouvrant la pièce principale vers l’horizon occidental. Les poutres de toit en porte-à-faux se rejoignent par paires au-dessus de l’espace et franchissent une ouverture horizontale de plus de neuf mètres vers l’Atlantique, laissant la vue sur la mer dégagée. À l’opposé, le plan se rétrécit vers une entrée donnant sur le jardin et le soleil du matin. Une longue perspective traverse la cabane, avec la végétation à une extrémité et l’eau libre à l’autre. Le toit déborde au-delà du vitrage pour protéger l’intérieur des intempéries atlantiques, tandis que des câbles de tension dissimulés et des ressorts aident à soutenir le porte-à-faux. Un vitrage continu enveloppe une grande partie du périmètre, laissant la lumière changeante et les conditions côtières visibles depuis toute la pièce. En dessous, un socle en pierre utilise la roche trouvée sur le site, tandis que le toit végétalisé suit la topographie environnante et maintient le bâtiment bas contre le promontoire.

La zone de vie principale occupe le large centre du plan, avec la cuisine le long d’un côté et deux espaces de travail de l’autre. L’un de ces espaces s’élève d’un demi-niveau au-dessus de la salle de bain, offrant à l’intérieur compact un changement de section sans fragmenter la grande pièce. La structure en épicéa se prolonge dans les bibliothèques et les bancs, puis dans les cloisons et les cadres de fenêtres. Colonnes et éléments intégrés partagent le même langage de bois, si bien que la cabane se lit comme une construction continue plutôt qu’une ossature remplie ensuite de meubles séparés. Plus près de la mer, la large ouverture vitrée attire l’horizon au cœur de la pièce. Le long des zones latérales, le bois ramifié crée des endroits plus petits pour s’asseoir et travailler, tandis que l’espace central reste ouvert vers l’eau. Les formes racinaires demeurent visiblement irrégulières après le fraisage robotisé, chaque arbre restant lisible dans la cabane finie. La fabrication numérique fonctionne ici en acceptant ces irrégularités : les scans rendent chaque joint précis, tandis que la structure se lit toujours comme dix-huit arbres individuels.

La cabane Sande a été achevée en 2025. Les architectes principaux sont Reinhard Kropf et Siv Helene Stangeland, assistés de Njål Undheim et Håvard Auklend, avec l’ingénierie structurelle d’Aanesland Treindustri. Les photographies du projet sont signées Sindre Ellingsen et Ivar Kvaal.

Céline Girard

Auteur

Reporter

Céline Girard couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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