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Cortex

13 Octobre 2026

Culture

Jacques Monneraud, céramiste, dévoile une playlist entre bruit et silence

Le céramiste français Jacques Monneraud, connu pour sa série Carton, partage les musiques qui accompagnent son processus créatif, de Philip Glass à Daft Punk, et explique comment le silence lui sert à avancer.

Anaïs Aubert 4 min Designboom

Le céramiste français Jacques Monneraud, connu pour sa série Carton qui transforme l’apparence fragile des emballages en carton en récipients durables, a dévoilé la bande-son de son univers créatif. Dans un entretien accordé à designboom, l’artiste explique que son travail oscille entre des moments d’intensité et de calme, et que la musique accompagne ces alternances, tout comme le silence lorsqu’il a besoin de réfléchir.

Pour Monneraud, le processus créatif n’a rien d’une promenade paisible. Interrogé sur le morceau qui capture le mieux sa pratique, il cite le troisième mouvement du Concerto pour violon n°1 de Philip Glass. « Le processus créatif n’est pas calme et serein pour moi, et ce morceau capture assez bien l’alternance entre le rythme effréné des idées et le fracas tumultueux des doutes qui viennent tout secouer », confie-t-il. Cette tension entre élan et incertitude définit sa manière d’aborder la céramique, faite d’expérimentation et de découverte.

Sa playlist mêle des genres variés : musiques de films, rap français, rock progressif et pop contemporaine. Pour démarrer un nouveau projet, il choisit souvent « Another Day of Sun » de Justin Hurwitz, issu de la bande originale de La La Land. « Je suis un grand fan de musiques de films, et leurs compositeurs partagent mes playlists avec des artistes comme Neil Young et Billie Eilish », précise-t-il. Cette diversité, il la compare à la poterie : « c’est la variété qui rend les choses belles ».

Certains morceaux sont liés à des souvenirs précis. « School » de Supertramp le ramène aux heures passées dans la voiture familiale lors des départs en vacances, planches de surf attachées sur le toit de la Passat break de son père. Il apprécie particulièrement ce groupe pour sa capacité à travailler avec le silence. En ce moment, c’est « 16 Carriages » de Beyoncé qui lui trotte dans la tête, et il avoue écouter l’album en boucle.

Pour les sessions tardives à l’atelier, Monneraud assume des plaisirs coupables : il cite « Demain c’est loin » d’IAM, mais surtout les freestyles de JUL, qu’il considère comme un excellent rappeur. Le rap occupe une place importante dans ses écoutes, avec des artistes comme Ben PLG, BB Jacques, Youssoupha et Alpha Wann. Mais lorsqu’il est bloqué et cherche une percée, sa réponse est catégorique : le silence absolu. « J’ai vraiment besoin de m’entendre penser dans ces moments-là », explique-t-il.

Cette semaine, ce sont Daft Punk et l’album Random Access Memories qui tournent en boucle dans ses enceintes. « Plus je l’écoute, plus je sens qu’ils savaient, en le faisant, que ce serait leur dernier album. Je pense qu’ils voulaient laisser un message positif, un message d’amour. Cela me touche beaucoup, et oui, cela influence ce que je fabrique », confie-t-il. Pour se concentrer sur les détails les plus fins, il écoute « Lost Seas » de Fyrs, « Nuevo Mundo » des Hermanos Gutiérrez, « Shine On You Crazy Diamond » de Pink Floyd ou « Akhnaten » de Philip Glass. Il décrit cet état de concentration profonde comme une bulle où le temps n’existe plus, une expérience qu’il rapproche de celle des athlètes.

Monneraud a également évoqué l’importance de la pochette d’album à ses yeux. Il cite « Steal This Album! » de System of a Down, découvert à 14 ans. « La simplicité et la force brute de cette invitation à l’anarchie m’ont frappé comme une gifle. C’est là que j’ai compris le pouvoir politique de la musique », se souvient-il. Enfin, le morceau « Défiler » de Stromae l’accompagnait lorsqu’il a pris la décision de quitter la publicité pour se consacrer à la poterie. Une playlist éclectique qui éclaire les coulisses d’une pratique artistique où le son et le silence ont chacun leur rôle.

3Vues

Anaïs Aubert

Auteur

Rédactrice actualités

Anaïs Aubert couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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