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Cortex

22 Octobre 2026

Culture

La décoratrice Róisín Lafferty dévoile ses cinq règles pour une couleur assumée

L'architecte d'intérieur irlandaise Róisín Lafferty explique que ses choix chromatiques naissent rarement d'un nuancier et défend une approche plus intuitive, ancrée dans l'espace et la lumière.

Anaïs Aubert 4 min Livingetc

Et si la couleur, en décoration intérieure, ne se choisissait pas sur un nuancier ? C'est la conviction de l'architecte d'intérieur irlandaise Róisín Lafferty, qui a partagé cinq principes pour concevoir des espaces à la fois intentionnels, aboutis et audacieux. Son constat de départ est simple : « mes choix naissent rarement d'un nuancier », autrement dit, la palette ne se décide pas devant une collection d'échantillons, mais en relation avec le lieu, la lumière et l'usage.

Pour la décoratrice, la couleur doit d'abord servir un projet, pas l'inverse. Avant d'arrêter une teinte, elle invite à comprendre la pièce : son orientation, la qualité de sa lumière naturelle, ses volumes, les matériaux déjà présents. Une même nuance peut sembler éclatante dans une pièce baignée de soleil et terne dans un espace sombre. La couleur devient alors un outil de composition, au même titre que la matière ou le mobilier, et non un simple habillage.

Deuxième règle : oser l'intensité sans perdre la cohérence. Lafferty défend les partis pris forts, mais toujours reliés entre eux. Une teinte vive peut structurer un intérieur si elle est répétée avec discernement, rappelée dans un détail, un textile ou un revêtement. L'audace n'est pas l'accumulation : elle naît d'un fil conducteur tenu d'un bout à l'autre du projet, qui donne à l'ensemble son caractère résolu.

Troisième principe, la couleur doit dialoguer avec la lumière plutôt que la subir. La décoratrice travaille les teintes en fonction de la manière dont elles réagissent au fil de la journée, en privilégiant les finitions et les textures qui font varier les nuances. Un mur mat, une boiserie laquée ou un tissu texturé ne renvoient pas la même impression. Cette attention aux surfaces permet d'obtenir une palette vivante, qui évolue avec l'éclairage naturel et artificiel.

Quatrième règle : penser la couleur à l'échelle de l'espace, et non du seul mur. Lafferty envisage les teintes comme un ensemble qui englobe sols, plafonds, menuiseries et mobilier. Cette vision globale évite les ruptures artificielles et donne aux pièces une unité perceptible dès l'entrée. La couleur participe alors à la sensation de calme ou d'énergie, selon l'usage des lieux et le rythme de vie de ceux qui les habitent.

Cinquième et dernière règle : faire confiance à l'intuition, nourrie par l'observation. Si les nuanciers restent des outils utiles, ils ne remplacent pas l'expérience sensible d'un espace. La décoratrice invite à regarder longtemps, à tester les teintes dans la pièce réelle, à la lumière du jour comme le soir, avant de trancher. C'est de cette confrontation entre intention et réalité que naissent, selon elle, les intérieurs les plus justes et les plus audacieux.

Ces principes rejoignent une tendance de fond dans l'art de vivre contemporain : la couleur n'est plus un simple accessoire décoratif, mais un langage à part entière. Elle traduit une manière d'habiter, un rapport à la lumière et au temps. En refusant le choix mécanique sur catalogue, Róisín Lafferty rappelle que la décoration intérieure relève d'un travail de composition, où chaque teinte doit avoir une raison d'être.

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Anaïs Aubert

Auteur

Rédactrice actualités

Anaïs Aubert couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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