L’Aston Martin Valen adopte un style agressif et une peinture aux reflets changeants
La nouvelle supercar V12 d’Aston Martin, la Valen, surprend par son avant aux lignes horizontales rappelant la Mustang, tout en présentant une peinture Chromaflair spectaculaire et un arrière sans vitre. Limitée à 150 exemplaires, elle incarne une rupture stylistique assumée.
Aston Martin dévoile la Valen, une supercar V12 dont la face avant rompt avec les codes esthétiques de la marque. Les phares ovales habituels laissent place à des blocs horizontaux encapuchonnés, un langage visuel qui évoque immédiatement la Ford Mustang ou la Chevrolet Camaro. Cette parenté inattendue a enflammé les forums, mais elle traduit surtout une volonté délibérée de la part du constructeur britannique de provoquer une réaction.
Marek Reichman, directeur du design, assume cette direction. Il décrit la Valen comme une exploration d’émotions plus extrêmes à travers un nouveau langage formel. Selon Robb Report, le tableau d’inspiration du studio était dominé par quatre mots : « impitoyable », « menaçant », « expérimental » et « alter ego ». Un brief inhabituellement direct pour une maison qui a longtemps cultivé une élégance discrète. Le résultat est un avant plongeant, des feux de jour horizontaux et une calandre qui s’étend jusqu’aux coins du bouclier, loin du nez vertical et précieux qui définissait l’identité de la marque depuis la DB9.
Si le débat esthétique domine, la Valen impressionne aussi par sa peinture. La teinte Satin Andromeda Red, développée par le département Q, utilise la technologie Chromaflair. Selon l’angle et la lumière, elle passe d’un rouge profond à des reflets cuivrés, dorés, puis bleutés, et conserve ce jeu de nuances même par faible luminosité. Une première pour une voiture de série, qui s’accompagne d’une option de carrosserie en carbone apparent, avec un tissage en chevrons teintable en finitions satinées ou brillantes.
L’arrière de la Valen poursuit cette logique de rupture. La lunette arrière et le coffre conventionnels sont remplacés par un hayon en carbone dont le bord supérieur forme un Gurney flap, générant de l’appui sans aileron rapporté. Quatre sorties d’échappement en titane, disposées en deux paires superposées, traversent un panneau perforé de gestion thermique, sous un bandeau lumineux pleine largeur. Ce choix sacrifie la visibilité au profit d’une silhouette plus pure et d’une solution aérodynamique ingénieuse, comme sur la McLaren P1 ou la Polestar 5.
Sous cette carrosserie spectaculaire, la Valen repose sur le châssis de la Vanquish, allégé de 110 kg grâce au carbone, au titane et au magnésium. Son V12 biturbo de 5,2 litres développe 838 chevaux et 738 lb-pi de couple, permettant un 0 à 100 km/h en trois secondes et une vitesse maximale limitée à 344 km/h. L’habitacle, bien que non détaillé, devrait suivre la même philosophie radicale.
La production sera limitée à 150 exemplaires, avec un prix de départ d’environ 1,5 million de livres sterling, avant les innombrables options du département Q. La Valen ne laisse personne indifférent, et c’est précisément ce que recherchait Aston Martin. Pour une marque longtemps associée à la retenue, cette supercar marque un tournant assumé, entre audace stylistique et prouesse technique.
