Le bureau Open Sesame de Lia Siqueira se déploie comme un espace de travail secret
L'architecte et designer brésilienne Lia Siqueira signe pour la marque ETEL un bureau en bois qui se transforme par une série d'ouvertures, révélant tiroirs et compartiments cachés. Une pièce de mobilier qui fait de l'acte d'ouvrir une expérience à part entière.
Un bureau se conçoit habituellement comme une surface fixe, un lieu où le travail se pose et où les objets s'accumulent. L'architecte et designer brésilienne Lia Siqueira propose une autre approche avec son Open Sesame Desk, une pièce de mobilier qui se transforme au gré de son utilisateur. Présenté comme un bureau compact en bois, l'objet se déploie progressivement par une série d'ouvertures pour révéler des surfaces, des tiroirs et des compartiments dissimulés.
Dessiné en 2025 pour la marque brésilienne de mobilier ETEL, le bureau tire son nom de la formule célèbre du conte d'Ali Baba et les quarante voleurs, où les mots « Sésame, ouvre-toi » donnent accès à une grotte remplie de trésors. Siqueira transpose ce moment de découverte dans le design d'un meuble, remplaçant la cavité mystérieuse par une structure en bois soigneusement organisée. Le contenu demeure protégé et invisible jusqu'à ce que l'utilisateur choisisse de le révéler. La référence donne à la pièce un caractère ludique, sans que le design ne s'éloigne des besoins concrets d'un environnement de travail.
La qualité la plus distinctive du bureau réside dans le contraste entre ses deux configurations. Fermé, il conserve un profil sobre et contient ses différentes fonctions dans un volume discret. Ouvert, il introduit une organisation spatiale entièrement différente : les tiroirs et compartiments jusque-là cachés deviennent accessibles, tandis que des surfaces supplémentaires agrandissent la zone de travail. Chaque ouverture révèle une nouvelle couche d'utilité, permettant à un seul meuble d'accueillir des activités qui exigeraient autrement plusieurs solutions de rangement séparées.
Cette transformation répond à la manière dont les espaces de travail contemporains sont occupés. Un bureau sert rarement à une seule chose tout au long de la journée. Il peut accueillir un ordinateur portable le matin, devenir une surface d'écriture l'après-midi, puis recevoir des dessins, des documents et des effets personnels au fil des tâches. Open Sesame s'adapte à ces exigences changeantes par sa flexibilité physique. Plutôt que d'exposer en permanence chaque espace de rangement et chaque surface de travail, le meuble permet d'y accéder en cas de besoin et de les dissimuler ensuite.
Mesurant 100 centimètres de large, 50 centimètres de profondeur et 76 centimètres de haut, le bureau en bois conserve un encombrement relativement compact. Ces dimensions rendent l'agencement intérieur d'autant plus significatif : le design crée de l'espace utilisable supplémentaire par le mouvement plutôt que par une structure définitivement plus grande. L'expansion est intégrée au meuble lui-même, préservant la relation entre ses proportions et sa capacité fonctionnelle.
La question de la visibilité fait également l'objet d'une attention particulière. Les bureaux conventionnels laissent souvent leur contenu exposé, l'organisation reposant sur des accessoires externes ou des meubles séparés. Siqueira intègre cette organisation à l'objet, offrant à chaque élément rangé la possibilité de rester hors de vue jusqu'à ce qu'il soit nécessaire. Papiers, outils et objets du quotidien peuvent occuper les compartiments intérieurs sans encombrer en permanence la surface de travail principale. L'utilisateur décide quand le bureau doit révéler son contenu et quand il peut retrouver son état fermé, plus silencieux.
L'aspect sans doute le plus engageant d'Open Sesame tient à la place qu'il accorde à l'interaction physique. Le meuble encourage une séquence de gestes qui rend l'accès à son contenu délibéré. Ouvrir une section modifie l'agencement du bureau, introduit de nouvelles possibilités et invite l'utilisateur à explorer sa construction. Ce rapport entre mouvement et découverte confère à la pièce un caractère qui dépasse ses spécifications fonctionnelles. Sa transformation s'inscrit dans la routine quotidienne plutôt que de rester une fonction occasionnelle.
Le bureau reflète aussi une approche du mobilier dans laquelle le rangement est traité comme un élément architectural. Ses compartiments sont dissimulés dans la composition d'ensemble, et leur révélation progressive modifie la perception de l'objet. La distinction entre l'extérieur et l'intérieur devient essentielle à son identité. De l'extérieur, le bureau communique une certaine retenue ; de l'intérieur, il propose un agencement plus complexe de surfaces et d'espaces. Ces qualités contrastées lui permettent d'équilibrer simplicité visuelle et générosité d'usages inattendue.
Son attrait provient autant de l'expérience d'utilisation que de son apparence. Siqueira donne à l'acte d'ouvrir un rôle significatif, transformant une interaction ordinaire avec un meuble en un petit moment d'anticipation. À l'image du récit qui a inspiré son nom, le bureau suggère que ce qui est caché peut être aussi intrigant que ce qui est immédiatement visible.
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