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Cortex

4 Octobre 2026

DariaPerse

Culture

Le cuir translucide s'invite dans les portefeuilles de créateurs

Le maroquinier sud-coréen Eriist dévoile un portefeuille en peau de mouton translucide, une matière mise au point dans les années 2000 et encore rare dans la maroquinerie de luxe.

Céline Girard 4 min Core77

Un portefeuille dont la matière semble être du plastique, mais qui est en réalité du cuir de mouton translucide : c'est la proposition du maroquinier sud-coréen Eriist, qui rejoint le petit cercle des créateurs travaillant cette matière singulière. Le modèle, présenté comme en cours de développement, n'a pas encore de date de commercialisation ni de prix annoncé.

Le cuir translucide n'est pas une nouveauté absolue. Dès les années 2000, des tanneurs ont appris à produire des peaux fines et laissant passer la lumière, à partir de cuir bovin comme ovin. Le designer industriel et artiste Sruli Recht a compté parmi les pionniers de cette recherche, qui consistait à pousser la peau animale vers une finesse extrême sans la dénaturer. Le résultat conserve l'aspect et le toucher du cuir, tout en autorisant une transparence partielle inédite dans la maroquinerie traditionnelle.

Le portefeuille d'Eriist reprend un système de fermeture à ressort en acier, un mécanisme classique des porte-monnaie, mais l'intérêt de l'objet tient moins à sa fermeture qu'à son matériau. La confusion est fréquente : à première vue, le cuir translucide évoque le plastique ou un film synthétique. Il s'agit pourtant bien de peau de mouton, travaillée selon un procédé qui la rend suffisamment fine pour laisser filtrer la lumière.

Cette rareté explique en partie pourquoi la pièce d'Eriist n'est pas encore disponible. Le maroquinier n'a communiqué ni calendrier de lancement ni tarif, laissant le modèle dans un entre-deux entre prototype et produit fini. Pour les amateurs de cette esthétique, une alternative existe déjà : l'Atelier Skn propose de son côté un portefeuille en cuir translucide, preuve que la matière commence à trouver sa place dans l'offre des accessoires de créateurs.

L'apparition de ce type de pièce s'inscrit dans une tendance plus large de la maroquinerie contemporaine, où les maisons et les ateliers indépendants cherchent à renouveler les matières classiques. Le cuir translucide brouille les frontières entre le souple et le rigide, entre l'organique et le synthétique, et oblige le regard à douter de ce qu'il voit. Une ambiguïté qui séduit les créateurs, mais qui reste techniquement difficile à maîtriser à grande échelle.

Reste à savoir si le grand public suivra. Le cuir translucide coûte cher à produire, se prête mal aux formes complexes et exige une peau d'une qualité irréprochable. Son adoption dépendra de la capacité des tanneurs et des maroquiniers à rendre le procédé plus accessible, sans perdre la finesse qui fait tout son intérêt. En attendant, des pièces comme celle d'Eriist ou d'Atelier Skn servent surtout de vitrine à un savoir-faire encore confidentiel.

Pour les lecteurs de Cortex, l'objet rappelle que l'innovation dans l'art de vivre ne passe pas seulement par le design ou la technologie, mais aussi par la matière elle-même. Un portefeuille translucide n'est pas un simple accessoire : c'est une démonstration de ce que la peau animale peut devenir lorsqu'elle est poussée à ses limites.

4Vues

Céline Girard

Auteur

Reporter

Céline Girard couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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