Le monde de la musique électronique française perd l'une de ses figures les plus mystérieuses et influentes. Le DJ et producteur Kavinsky, de son vrai nom Vincent Belorgey, a été retrouvé mort à son domicile du XVIIIe arrondissement de Paris dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juillet 2025. Il allait avoir 51 ans le 31 juillet. Selon les informations du parquet, une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte. La nouvelle a bouleversé les fans et les artistes de la scène électro, qui saluent un créateur singulier, à la croisée des ambiances rétro-futuristes et de la French Touch.
Né le 31 juillet 1974, Vincent Belorgey avait construit son personnage public autour du mystère. Caché derrière ses lunettes de soleil et ses platines, il cultivait un univers cinématographique inspiré des années 1980 et de la science-fiction. Son plus grand succès, le titre « Nightcall », sorti en 2011, l'a propulsé sur la scène internationale. Ce morceau, devenu un classique, est resté pendant des années l'un des titres les plus « shazamés » de l'histoire. Il a connu un regain de popularité spectaculaire lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024, où Kavinsky l'a interprété en direct au Stade de France aux côtés de la chanteuse belge Angèle et du groupe Phoenix. Cette performance a marqué les esprits et a fait de « Nightcall » le titre le plus identifié via l'application Shazam ce soir-là.
Kavinsky n'était pas seulement un DJ, il était un conteur d'histoires. Avec son premier album « OutRun », sorti en 2013, il avait inventé une mythologie personnelle: celle d'un jeune homme mort en 1986 dans un accident de Ferrari Testarossa et revenu sous forme de zombie en 2006. Cette narration, mêlée à une musique synthétique et mélancolique, a séduit un large public. Pourtant, l'homme derrière les platines restait discret. Dans une rare interview accordée au magazine Numéro, il expliquait que son nom « peut empiéter sur la musique » et qu'il souhaitait que l'on écoute ses morceaux « au premier degré, sans trop en savoir à son sujet ». Cette volonté de préserver le mystère a contribué à son aura.
Avant de percer dans la musique, Vincent Belorgey aurait enchaîné les petits boulots: livreur de pizza, chargé de service client chez SFR ou encore coursier pour ManPower. Il a également joué dans quelques films grâce à son ami, le réalisateur Quentin Dupieux. Mais c'est la musique qui l'a révélé. Son deuxième album, « Reborn », sorti en 2022, neuf ans après le premier, a confirmé son talent. Il expliquait alors vouloir un disque « qu'on puisse écouter partout, en club ou dans son salon, mais aussi dans une bagnole qui irait moins vite que dans le premier album ». Un succès critique et populaire qui l'a ancré comme une figure majeure de la French Touch, aux côtés de Daft Punk, Justice ou Sébastien Tellier.
La nouvelle de sa mort a suscité une vague d'émotion sur les réseaux sociaux et dans les médias. Les hommages affluent, saluant un artiste qui a marqué l'électro française et internationale par son style unique, à la fois rétro et futuriste. Si les causes exactes de son décès restent à déterminer, une chose est certaine: la musique de Kavinsky continuera de résonner longtemps, comme un écho des années 80 et des nuits électro parisiennes. Sa disparition laisse un vide dans le paysage musical français, mais son héritage, porté par un tube intemporel et un univers visuel fort, demeure.



