Le papier hanji coréen réinventé en biomatériau durable à Maison&Objet 2026
La Korea Craft & Design Foundation présente « Hanji House » à Maison&Objet 2026, une exposition qui transforme le papier mulberry millénaire en biomatériau pour le mobilier, l'éclairage et l'architecture intérieure. L'événement coïncide avec l'examen par l'UNESCO d'une inscription au patrimoine immatériel.
Le papier hanji, fabriqué depuis plus de mille ans à partir de fibres d'écorce de mûrier, s'invite à Paris Design Week 2026. Du 10 au 14 septembre, la Korea Craft & Design Foundation (KCDF) présente « Hanji House » à Maison&Objet, une exposition qui repositionne ce support artisanal traditionnel comme biomatériau haute performance pour le mobilier, l'éclairage et l'architecture spatiale contemporaine.
Présenté conjointement par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme de la République de Corée et la KCDF, l'espace est conçu autour d'une translucidité douce et d'une circulation d'air, créant un cadre où le minimalisme moderne rencontre le confort naturel. Au centre, le studio de design industriel SWNA dévoile une collection expérimentale de meubles qui montre comment le hanji se combine à des éléments rigides comme le métal et la pierre pour former des luminaires courbes flottants, des armoires et des cloisons lumineuses.
Sept créateurs coréens participent à cette vitrine : HANJI PARK Materials Lab, FIDES INTERNATIONAL Co., toolpress, SOMIDANG, marquage g, CURATED COLUMNS et PULBAT. Leurs pièces couvrent un large spectre, des feuilles artisanales patrimoniales aux fournitures de restauration d'art, en passant par la papeterie, les créations parfumées et les éléments d'aménagement intérieur. La marque marquage g présente notamment sa « Hanji Shakerbox », qui exploite la résilience physique du papier pour former des courbes continues. PULBAT propose un luminaire qui tire parti de la solidité structurelle exceptionnelle du substrat de fibres de mûrier, en employant des motifs architecturaux coréens distinctifs. HANJI PARK Materials Lab, de son côté, développe des substrats de hanji polyvalents qui repoussent les limites de la fabrication papetière.
L'exposition intervient à un moment charnière. Plus tard en 2026, l'UNESCO doit décider d'inscrire ou non les « connaissances et savoir-faire traditionnels associés à la production du hanji et pratiques culturelles connexes en République de Corée » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Cette échéance donne à la présence du hanji à Maison&Objet une résonance particulière, alors que la Corée et la France célèbrent le 140e anniversaire de leurs relations diplomatiques.
« Le hanji incarne des siècles de savoir-faire et de connaissances papetières traditionnelles tout en offrant la durabilité et la polyvalence recherchées par l'industrie du design actuelle », déclare Kyungbae Kim, président de la KCDF. « En cette année significative marquant le 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la Corée et la France, et à l'approche de la décision de l'UNESCO, nous espérons partager la beauté et le potentiel contemporain du hanji avec le monde et créer davantage d'opportunités pour les entreprises ancrées dans la culture traditionnelle coréenne de se développer à l'international. »
Traditionnellement employé pour l'écriture, les fenêtres et les revêtements de sol, le hanji s'étend désormais à la conservation du patrimoine culturel, à la restauration d'art, au mobilier et aux éléments de style de vie. Les studios participants réunissent l'artisanat manuel et la production moderne, offrant aux architectes et aux designers un matériau pratique et durable pour les espaces contemporains. L'exposition se tient au Hall 5A, stands M76 à N75, au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte.
