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Cortex

6 Novembre 2026

© dezeen.com

Culture

Maison Margiela fait dessiner un manga au cure-dent pour l’anniversaire de sa boutique de Tokyo

Pour les vingt ans de sa boutique phare de Tokyo, la maison Margiela a commandé à l’artiste Takehito Moriizumi un manga de science-fiction dessiné au cure-dent, publié en édition limitée.

Céline Girard 3 min Designboom

Pour célébrer les vingt ans de sa boutique phare de Tokyo, la maison Maison Margiela a commandé à l’artiste Takehito Moriizumi un manga de science-fiction entièrement dessiné au cure-dent. Le récit, en noir et blanc, suit des chercheurs qui enquêtent sur une usine d’électronique abandonnée, où des signaux étranges ont été détectés.

Installé à Tokyo, Takehito Moriizumi a dessiné les planches avec cet outil improbable, ce qui donne aux illustrations une texture particulière. Les dessins insistent sur l’architecture industrielle dense de l’usine et sur ses escaliers, tandis que des références à la mode s’insèrent discrètement dans les cases : mannequins, vêtements et fragments de l’histoire de la maison tissés dans les panneaux.

Ce manga constitue le premier volume de l’initiative MaisonMargiela/folders. Il prend la forme d’un zine en édition limitée, publié le 5 novembre 2026. Il est vendu dans une sélection de kiosques du quartier d’Ebisu ainsi que dans la boutique de Tokyo. Une édition numérique est par ailleurs disponible à l’international via Dropbox.

Le choix du lieu n’a rien d’anodin. La boutique de Tokyo occupe l’ancienne usine d’équipements de commande électrique située à Ebisu Minami, un bâtiment que la maison a repris en 2006. Le décor industriel conservé dans le magasin, comme ce que le manga met en scène, fait écho à ce passé. Le monte-charge de marchandises a ainsi été transformé en cabines d’essayage.

La première boutique Margiela de Tokyo, ouverte en 2000, s’installait dans une résidence japonaise des années 1940, choisie à dessein en dehors des quartiers du luxe que sont Ginza et Omotesando. Le designer Martin Margiela entretenait de longue date des liens avec le Japon. Dans ce premier espace, la signature de la maison, le traitement à la peinture blanche appelé « Bianchetto », était déjà présente.

Le magasin actuel poursuit cette logique de récupération. Une collection masculine est présentée dans un conteneur maritime, et un couloir dédié aux chaussures a été construit à partir de boîtes à chaussures. Le mobilier provient de marchés aux puces et de boutiques de toute l’Europe. Une partie de la salle de bains de l’ancienne résidence a été reconstituée dans le nouvel espace, afin de maintenir un lien avec le lieu d’origine.

Ce projet s’inscrit aussi dans le calendrier de Designart Tokyo 2026, qui se tiendra du 30 octobre au 8 novembre 2026. Pour sa dixième édition, le festival réunira environ 150 projets venus de 13 pays.

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Céline Girard

Auteur

Reporter

Céline Girard couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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