Plus de 300 personnalités du monde de la culture et de la recherche ont apporté leur soutien à la DJ et directrice artistique Barbara Butch, quelques jours après l'interruption de son concert à Grenoble par des militants propalestiniens et des membres de La France insoumise (LFI). La tribune, publiée dans le journalLibérationà l'initiative de Jonas Pardo, directeur de l'association Boussole antiraciste, dénonce des accusations « infondées » visant l'artiste en raison de son identité.
Le texte rappelle que « la défense des droits du peuple palestinien est un combat urgent, légitime et nécessaire », mais précise qu'elle « ne saurait justifier la diffusion d'accusations infondées visant une personne en raison de son identité ou de supposées appartenances, ou même de ses opinions ». Selon les auteurs de la tribune, Barbara Butch « est visée à travers des imaginaires antisémites et LGBTphobes dont l'histoire est ancienne ».
Parmi les signataires figurent des figures majeures du cinéma et de la culture française et internationale, notamment Alain Chabat, Géraldine Nakache, Vincent Elbaz, Ludivine Sagnier, les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne, le metteur en scène Tiago Rodrigues, l'écrivaine Marie Darrieussecq, l'historien Patrick Boucheron et la sociologue Eva Illouz. Cette mobilisation témoigne de l'ampleur de la controverse suscitée par l'incident.
Le concert de Barbara Butch avait fait l'objet d'un appel au boycott, notamment de la part de l'antenne grenobloise de LFI, après que la DJ a signé une tribune soutenant la proposition de loi Yadan contre les nouvelles formes d'antisémitisme, depuis retirée. Cette proposition de loi, portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, visait à renforcer la lutte contre l'antisémitisme dans le contexte de la guerre à Gaza, mais avait suscité de vives critiques de la part de certaines associations et partis politiques qui y voyaient une tentative de restreindre la liberté d'expression sur la question palestinienne.
L'interruption du concert a eu lieu le 19 juillet 2026 à Grenoble, où Barbara Butch devait se produire. Des militants propalestiniens ont envahi la scène et empêché la poursuite du spectacle, provoquant la colère de l'artiste et de ses soutiens. Le même jour, le parquet de Grenoble a ouvert une enquête pour « délit d'entrave concertée aux libertés », une procédure qui vise à déterminer les responsabilités dans cet acte d'intimidation.
Dans une tribune publiée parLe Monde, Barbara Butch et son avocate Audrey Msellati ont estimé que « l'antisionisme invoqué n'a été, à Grenoble, que le vêtement de l'antisémitisme ». Elles ont également indiqué que des plaintes sont « prêtes » contre les auteurs de l'interruption. L'artiste, connue pour son engagement contre les discriminations et son rôle de figure emblématique de la communauté LGBTQ+, a reçu un large soutien sur les réseaux sociaux et dans les médias.
Cet incident s'inscrit dans un climat de tensions croissantes autour du conflit israélo-palestinien en France, où les débats sur l'antisémitisme et l'antisionisme divisent profondément la société. La proposition de loi Yadan, bien que retirée, a exacerbé les clivages, certains y voyant une atteinte à la liberté d'expression, d'autres une nécessité pour protéger les citoyens juifs. L'affaire Barbara Butch illustre comment ces tensions peuvent se manifester dans le domaine culturel, transformant des événements artistiques en terrains de confrontation politique.
Le parquet de Grenoble poursuit son enquête, tandis que les soutiens à Barbara Butch continuent de se multiplier. La tribune publiée dansLibérationappelle à ne pas laisser l'antisémitisme et la LGBTphobie se cacher derrière des causes politiques légitimes, et réaffirme la nécessité de défendre les droits de tous, sans céder à la haine ou à la désinformation.



