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Cortex

20 Octobre 2026

Culture

Un concept MINI couvert de pixels pousse l'esthétique numérique à l'extrême

Le designer turc Uygar imagine une MINI dont la face avant, les jantes et les feux arrière sont entièrement composés de pixels lumineux, poussant bien plus loin que Hyundai et son Ioniq 5 l'usage de cette signature visuelle.

Anaïs Aubert 5 min Yanko Design

Hyundai avait lancé la mode en 2019 avec son concept 45 EV, dévoilé au salon de Francfort, avant de la porter en série sur l'Ioniq 5 en 2021 sous le nom de « Parametric Pixel ». Le constructeur coréen avait alors disséminé ces petits carrés lumineux dans les phares, les feux arrière et les jantes, donnant à son modèle une silhouette immédiatement reconnaissable. Mais le designer turc Uygar, qui se présente comme un « rêveur professionnel », a décidé de renverser la fiole entière plutôt que d'en saupoudrer quelques grains.

Son concept de MINI reprend la calandre ronde caractéristique de la marque britannique, mais la remplit de carrés lumineux. Chaque anneau devient une boucle de petites dalles entourant un projecteur sombre, comme un œil numérique doté d'une pupille très sérieuse. Sous ces optiques, la grille fermée se transforme en un champ de points lumineux, plus intense au centre et s'estompant vers les bords. Un fin trait vertical descend du pare-chocs, telle une petite ponctuation lumineuse. À distance, la face avant reste avenante ; de près, on peut compter chaque carré.

La différence avec Hyundai tient à l'échelle. Le constructeur coréen cantonne ses pixels à l'intérieur des optiques, si bien que l'Ioniq 5 demeure une voiture agrémentée de quelques accents numériques. Chez Uygar, c'est tout le museau qui devient un écran, et la face avant se lit comme un seul graphique. Ce parti pris convient à une marque dont les voitures affichent une expression espiègle depuis la Mini originale d'Alec Issigonis en 1959. La Cooper EV de série propose déjà trois signatures lumineuses au choix, preuve qu'un visage capable de changer d'humeur n'a rien d'une révolution. Reste que ce concept offre bien plus de points à manipuler, et l'on imagine mal un tel dispositif passer inaperçu à un feu rouge.

Les jantes constituent le morceau le plus spectaculaire de l'exercice. Chacune est un disque entier couvert de carrés ambrés, disposés en spirale qui s'affine vers la jante et se densifie autour des ailes MINI au moyeu. Certains carrés brillent fortement quand d'autres restent presque éteints, donnant l'impression d'un scintillement figé en pleine action. Là où les roues pixelisées de Hyundai demandent à être lues dans le métal, celles-ci se lisent dans la lumière. De nuit, chaque coin de la voiture ressemble à une boule à facettes, sans les leçons de danse gênantes.

L'arrière propose la trouvaille la plus élégante de l'ensemble. Une bande de verre noir traverse le hayon et abrite deux feux Union Jack composés de points rouges, les ailes MINI prenant place entre eux. La marque avait introduit les feux en forme de drapeau en 2018, utilisant les clignotants pour les barres horizontales et les feux stop pour les verticales. Le concept Aceman de 2022 avait ensuite dessiné un Union Jack sur sa calandre en LED matricielles. Ce rendu achève la réflexion en construisant le drapeau à partir de pixels, aboutissement logique d'un emblème fait de lumière.

MINI n'a pas plongé dans le pixel par hasard. L'Aceman, apparu en juillet 2022 et présenté pour la première fois au public au salon Gamescom de Cologne, affichait des phares et une calandre matriciels en LED qui avaient valu à la marque des comparaisons avec le Lite-Brite, le jouet à chevilles lumineuses lancé par Hasbro en 1967. Le phare droit pouvait même cligner de l'œil. La Cooper EV qui a suivi a emprunté une voie plus sage, avec des optiques rondes, trois signatures lumineuses et un écran OLED rond de 9,4 pouces à bord. La face pixelisée était l'idée la plus bruyante de l'Aceman, et la production en a baissé le volume.

Le concept d'Uygar ressemble à la ligne temporelle alternative où personne, en réunion de validation, n'aurait suggéré d'en faire un peu moins. Hyundai a saupoudré, MINI a grignoté, et ce rendu renverse la salière sur la voiture entière. La petite hatchback britannique a toujours été la marque la plus disposée à se comporter comme un jouet, et un jouet doté d'un visage lumineux est difficile à contester. Reste une question pratique : si l'on offrait ces jantes à un propriétaire de MINI, il demanderait sans doute où signer, avant de chercher l'interrupteur.

2Vues

Anaïs Aubert

Auteur

Rédactrice actualités

Anaïs Aubert couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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