Un designer sud-coréen imagine une chaise en forme d’imprimante de caisse
Le designer anonyme Muddycap présente The Receipt Chair, un fauteuil en 3D inspiré des imprimantes thermiques de caisse, dont le ticket de caisse sert de dossier.
Le designer anonyme sud-coréen Muddycap, connu pour transformer des objets du quotidien en sièges, vient de dévoiler The Receipt Chair, un fauteuil qui reprend la silhouette d’une imprimante thermique de caisse agrandie à la taille d’un fauteuil club. Le ticket qui sort de l’appareil forme le dossier du siège. Le projet existe pour l’instant sous forme de rendus en trois dimensions, mais ceux-ci sont suffisamment convaincants pour que l’on hésite à croire qu’il ne s’agit pas d’un produit réel.
Les détails sont empruntés aux imprimantes noires que l’on trouve sur les comptoirs des magasins aux États-Unis. Une coque brillante forme les accoudoirs, dont l’un dissimule le rouleau de papier derrière une vitre fumée. L’assise est garnie d’un coussin d’aspect cuir, tandis que le socle anthracite comporte des évents, un interrupteur à bascule et de petits voyants vert et rouge. En haut, le ticket se déroule en une grande boucle blanche, avec un total flouté, un code-barres et la mention MUDDYCAP CHAIRS imprimée en bas.
Le choix de ces éléments utilitaires n’est pas anodin. Les imprimantes thermiques de comptoir, comme le modèle TM-T20 d’Epson, sont conçues pour se fondre dans le décor à côté de la caisse, avec leur plastique noir mat, leur couvercle rabattable et leur fente à papier. Muddycap conserve ces détails, y compris ceux qui n’ont aucune utilité pour un siège, comme les évents, l’interrupteur et les deux voyants. Ce sont eux qui font que le cerveau lit « imprimante » une fraction de seconde avant « chaise ».
Côté ergonomie, les proportions laissent penser à un fauteuil généreux. L’assise profonde et basse et les accoudoirs hauts évoquent un fauteuil dans lequel on s’enfonce avec un verre plutôt qu’un siège droit pour travailler sur ordinateur. Le papier thermique s’enroule naturellement, et Muddycap utilise cette courbure pour dessiner un dossier incliné qui remonte derrière les épaules avant de rejoindre la fente d’impression. Une version réelle pourrait reposer sur du polypropylène moulé ou de l’acier fin laqué pour reproduire cette courbe, même si les rendus ne précisent pas le mode de fabrication. La boucle de papier se trouve nettement en retrait du siège, ce qui suggère que le fauteuil devrait être placé contre un mur.
Le détournement d’objets quotidiens en mobilier a une longue histoire. En 1957, Achille et Pier Giacomo Castiglioni ont transformé un siège de tracteur en tabouret Mezzadro, et en 1970 le studio Studio65 a fait du canapé Bocca une référence à partir d’une paire de lèvres. Muddycap reprend ce principe à l’ère numérique, avec une série de chaises inspirées des appareils et interfaces que l’on fixe toute la journée. Sa Low Battery Chair transforme l’icône de batterie faible du téléphone en siège, et un canapé trois places en forme de potentiomètre de table de mixage emprunte ses formes au matériel audio. The Receipt Chair s’inscrit dans cette continuité, en célébrant le petit ticket qu’un paiement sans contact peut encore produire.
Le magazine Hypebeast avait déjà consacré un article à Muddycap sous un titre évoquant des chaises sur lesquelles on ne peut pas s’asseoir, et le designer a indiqué qu’il envisageait, à terme, de produire certaines de ses créations. Si celle-ci franchit le pas, sa place serait toute trouvée : près des caisses d’une grande surface, où les clients patients, en attente d’une vérification de prix, pourraient enfin s’asseoir. En attendant, les rendus sont visibles sur le compte Instagram du designer.
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