Aller au contenu
Cortex

26 Août 2026

The Lamp That Gives Material Memory a Home

Culture

Un toit de bambou surplombera le centre communautaire en terre crue au Sénégal

Le premier prix du concours Kaira Looro 2026 a été attribué à un projet de centre communautaire pour la Casamance, au Sénégal. Conçu par K-Studio, il s'inspire des maisons traditionnelles impluvium et associe un toit de bambou à des murs en terre crue, avec des techniques de construction accessibles aux habitants.

Adrien Delorme 4 min Designboom

Le premier prix du concours d'architecture Kaira Looro 2026 a été décerné à un projet de centre communautaire pour la région de la Casamance, au sud du Sénégal. Conçu par les architectes Afroditi Ioannidou et Vladimir Gligorovski du studio K-Studio, basé en Grèce, le bâtiment se distingue par un large toit de bambou qui s'incurve vers le sol, dessinant un demi-cercle autour d'un espace de rassemblement ouvert.

Le projet s'inspire directement des maisons traditionnelles impluvium de la Casamance, dont la vie domestique s'organise autour d'une cour centrale qui recueille les personnes, la lumière et l'eau de pluie. Les architectes ont transposé cette logique de l'échelle de la maison à celle du village, en l'appliquant à une structure en terre crue. Le centre est conçu pour accueillir une bibliothèque, une salle d'étude, un espace communautaire, des ateliers et des zones de service, tous ouverts sur une clairière en gravier au centre.

Le toit, élément central du projet, présente deux pentes inégales qui s'élèvent le long de l'arc avant de s'abaisser à chaque extrémité, créant des zones d'ombre profondes pour les rassemblements en plein air. L'espace autour de la crête surélevée permet à l'air chaud de s'échapper tout en attirant l'air plus frais, assurant une ventilation passive. Sous un revêtement métallique extérieur, une couche de chaume apporte une isolation supplémentaire, tandis que des colonnes et poutres de bambou appariées forment la structure principale.

Les architectes ont développé un système de construction volontairement simple, adapté aux ressources locales. Le bambou récolté sur place est assemblé avec des cordes et du fil galvanisé, et les volumes indépendants en terre crue sont formés à partir de latérite trouvée dans la région. De petites ouvertures en losange performent certaines sections des murs, laissant passer l'air et la lumière filtrée. Des volets en bambou permettent d'ouvrir presque entièrement les pièces, transformant les espaces couverts en un grand pavillon lorsque la communauté en a besoin.

La gestion de l'eau est également pensée avec économie. L'eau de pluie tombant sur le grand toit est dirigée vers des stations de lavage des mains, tandis que le gravier au centre permet à l'eau de s'infiltrer dans le sol pendant la saison des pluies. Cette approche reprend la logique de la maison impluvium, qui rassemble les personnes sous son toit tout en recueillant l'eau par la même forme.

Le concours Kaira Looro, organisé par l'ONG humanitaire Balouo Salo, visait à concevoir un lieu d'éducation et de vie collective pour une région rurale où les villages comptent en moyenne 1 500 habitants et où les infrastructures sont limitées. Le bâtiment doit être constructible par les communautés locales elles-mêmes, avec des techniques accessibles et des matériaux naturels, sans machinerie lourde ni main-d'œuvre spécialisée. La construction du projet lauréat est incluse dans le prix.

Le deuxième prix a été attribué à Marta Kuczynska et Jakub Czak de Pologne pour une proposition rectangulaire enveloppant des pièces flexibles et des panneaux pivotants tissés à la main autour d'une zone communautaire ombragée. Le troisième prix est revenu à une équipe colombienne pour un croissant de terre crue partiellement excavé, utilisant le sol pour tempérer le climat intérieur. Les trois projets mettent en avant l'ombre et l'auto-construction comme outils architecturaux, mais le projet lauréat se distingue en élargissant un type domestique local en une pièce d'infrastructure villageoise partagée.

Adrien Delorme

Auteur

Correspondant politique

Adrien Delorme couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

Encore dans « Culture »

  1. 26 AoûtLe Creuset dévoile une nouvelle couleur inspirée des toits de pierre français
  2. 25 AoûtDolly Parton, de Locust Ridge à l’icône mondiale
  3. 25 AoûtL’art contemporain a-t-il sacrifié la beauté au marché ?
  4. 25 AoûtAu-delà de Colonial Williamsburg : onze événements qui méritent le détour