À l'ONU, Macron dénonce le « retour de la loi de la jungle » et s'attire la colère d'Israël
Devant la 81e Assemblée générale des Nations unies, le président français a mis en garde contre la fragmentation du monde et critiqué la politique israélienne en Cisjordanie, provoquant une vive réaction de Jérusalem.
Emmanuel Macron a profité de la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations unies, réunie à New York, pour lancer un avertissement sur l'état du monde. Le président français a dénoncé ce qu'il a qualifié de « retour de la loi de la jungle », un diagnostic qui résume selon lui la montée des rapports de force et l'affaiblissement des règles internationales. Devant les représentants des États membres, il a appelé à défendre un ordre mondial fondé sur le droit plutôt que sur la puissance.
Le discours a toutefois été surtout marqué par ses propos sur le Proche-Orient. Emmanuel Macron a critiqué la politique menée par Israël en Cisjordanie, une prise de position qui a immédiatement provoqué la colère des autorités israéliennes. Selon les informations rapportées par plusieurs médias français, Jérusalem a vivement réagi aux déclarations du chef de l'État, accusé de s'ingérer dans les affaires israéliennes et de nourrir les critiques internationales contre l'État hébreu.
Cette passe d'armes illustre la difficulté pour la France de tenir une position équilibrée sur le conflit israélo-palestinien. Paris cherche à la fois à réaffirmer son attachement à la sécurité d'Israël et à faire entendre sa voix sur la question palestinienne, alors que la situation en Cisjordanie reste tendue. Les propos présidentiels s'inscrivent dans un contexte où les Nations unies sont régulièrement saisies de ce dossier, sans parvenir à une avancée décisive.
Au-delà du Proche-Orient, le discours de Macron a voulu dessiner une ligne plus large. Le président a décrit un monde menacé par la fragmentation, où les grandes puissances privilégient leurs intérêts immédiats au détriment des biens communs. Il a plaidé pour la relance du multilatéralisme et pour le respect des institutions internationales, à un moment où celles-ci sont contestées par plusieurs acteurs majeurs.
La scène onusienne a également été marquée par la diffusion d'images du discours, largement reprises dans les médias français. Plusieurs observateurs ont souligné la portée symbolique de cette intervention, à quelques jours d'échéances diplomatiques importantes. La France entend ainsi se positionner comme une voix de médiation, capable de parler à toutes les parties, même si cette posture expose Paris à des critiques de tous les camps.
La réaction israélienne rappelle que chaque prise de parole française sur le conflit est scrutée. Elle pourrait compliquer les efforts de Paris pour jouer un rôle dans une éventuelle reprise des discussions régionales. Pour l'instant, aucune annonce concrète n'a suivi le discours, mais le ton employé par Emmanuel Macron marque une volonté de ne pas laisser le sujet aux seuls acteurs directement concernés.
À New York, le président français a donc choisi de parler d'un monde en crise, tout en ciblant une politique qu'il juge préoccupante. Reste à savoir si cet exercice de tribune se traduira par des initiatives diplomatiques, ou s'il restera une déclaration de principes de plus dans une enceinte où les paroles pèsent souvent moins que les rapports de force.
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