La journaliste mexicaine Roxana Guzmán, directrice d'un média local, a été retrouvée sans vie après avoir été enlevée le 2 juin à son domicile à Nanchital, dans le sud de l'État de Veracruz, a annoncé vendredi 3 juillet le parquet de Veracruz. Ce décès porte à trois le nombre de journalistes tués dans la région depuis le début de l'année, selon les autorités locales. L'enlèvement avait été perpétré par deux hommes cagoulés, qui ont emmené la journaliste de force, suscitant une vive inquiétude parmi les organisations de défense de la liberté de la presse.

Le Mexique est l'un des pays les plus dangereux pour exercer le métier de journaliste, avec plus de 150 professionnels assassinés depuis 1994, selon l'organisation Reporters sans frontières (RSF). L'État de Veracruz, situé dans l'est du pays, est particulièrement touché par cette violence, où les journalistes sont souvent confrontés à des menaces, des agressions et des meurtres en raison de leurs enquêtes sur la corruption, le crime organisé et les trafics illicites. Roxana Guzmán dirigeait un média local qui couvrait des sujets sensibles, ce qui pourrait être lié à son enlèvement, bien que les enquêtes soient en cours.

Les autorités de Veracruz ont confirmé la découverte du corps de la journaliste, mais n'ont pas encore divulgué les causes exactes du décès ni les circonstances précises de l'enlèvement. Des proches et des collègues ont exprimé leur choc et leur colère, réclamant une enquête approfondie et la traduction des responsables en justice. « C'est une perte terrible pour la liberté d'expression dans notre région », a déclaré un représentant d'une association locale de journalistes, sous couvert d'anonymat. Les organisations internationales, dont RSF, ont appelé les autorités mexicaines à protéger les journalistes et à mettre fin à l'impunité qui entoure ces crimes.

Ce meurtre s'inscrit dans un contexte plus large de violence contre la presse au Mexique, où des dizaines de journalistes ont été tués ces dernières années, souvent sans que les auteurs soient identifiés ou punis. Selon RSF, le Mexique est classé parmi les pays les plus meurtriers pour les journalistes, avec une impunité quasi totale dans la majorité des cas. Le gouvernement mexicain a annoncé des mesures pour renforcer la protection des journalistes, mais les critiques estiment que les efforts restent insuffisants face à l'ampleur du problème.

L'enlèvement et la mort de Roxana Guzmán ont relancé les débats sur la sécurité des professionnels des médias au Mexique, notamment dans les régions où le crime organisé est puissant. Des manifestations ont eu lieu à Veracruz et dans d'autres villes pour dénoncer la violence et exiger justice. Les collègues de la journaliste ont souligné son engagement pour informer les communautés locales, malgré les risques. « Elle était une voix courageuse dans une région où le silence est souvent imposé par la peur », a témoigné un confrère.

Les enquêteurs du parquet de Veracruz travaillent à identifier les auteurs de l'enlèvement et à déterminer les motivations, mais les progrès sont lents, comme c'est souvent le cas dans ce type d'affaires. Les organisations de défense des droits de l'homme ont exhorté les autorités fédérales à intervenir pour garantir une enquête indépendante et transparente. En attendant, la communauté journalistique mexicaine pleure une nouvelle victime, tandis que la question de la protection des reporters reste plus urgente que jamais.

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Rédactrice actualités

Anaïs Aubert couvre pour Cortex Luxe l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.