L'équipe de France a offert un véritable feu d'artifice pour les adieux de Didier Deschamps, mais pas celui escompté. Lors de la petite finale de la Coupe du monde 2026, les Bleus se sont inclinés 6-4 face à l'Angleterre dans un match d'une intensité rare, marqué par une première période catastrophique suivie d'une révolte spectaculaire. Cette rencontre, disputée à New York, restera comme l'une des plus folles de l'histoire du tournoi, avec pas moins de dix buts inscrits.
La première mi-temps a tourné au cauchemar pour les hommes de Didier Deschamps. Totalement amorphes, les Français ont laissé des espaces béants aux Anglais, qui en ont profité sans retenue. Declan Rice, abandonné par la défense, a ouvert le score d'une frappe puissante, suivi rapidement par Konsa de la tête sur corner. Avant la pause, deux nouveaux buts anglais, dont un en contre-attaque où cinq joueurs tricolores étaient spectateurs, ont porté le score à 4-0. Mike Maignan, impuissant, a vécu une mi-temps cauchemardesque.
À la pause, l'humiliation était totale. Didier Deschamps a alors pris une décision radicale en effectuant quatre changements: Cherki, Doué, Konaté et Théo Hernandez ont cédé leur place à Barcola, Dembélé, Upamecano et Lucas Digne. « J'aurais pu en changer huit à la mi-temps, mais j'en ai déjà changé pas mal. C'est bien que l'équipe ait eu cette réaction », a déclaré le sélectionneur après la rencontre. Cette décision a transformé le visage de l'équipe.
La seconde période a été un tout autre spectacle. Dayot Upamecano, l'un des hommes forts de ce Mondial côté français, a récupéré un ballon avec autorité avant de lancer Ousmane Dembélé. Sa passe en retrait pour Olise a ouvert le champ des possibles, et Mbappé a redonné espoir aux Bleus d'un plat du pied gauche parfait. Dans la foulée, Barcola, trouvé dans la profondeur par Mbappé, a crucifié Henderson et réduit l'écart à 2-4. Le troisième but, signé Mbappé à la 66e minute, a fait de lui le seul meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde devant Messi, qui tentera de lui répondre en finale.
Les Bleus ont alors déferlé sur la défense anglaise en perdition. Mais Olise a été coupable de deux ratés monumentaux, et sur l'une des rares sorties anglaises, Gusto a fauché Spencer dans la surface. Saka a transformé le penalty, portant le score à 5-3. Dembélé a relancé le suspense à la 95e minute d'une belle frappe enroulée du droit dans le petit filet opposé (4-5). Les dieux du spectacle auraient voulu une égalisation, mais une perte de balle de Rabiot côté gauche a offert à Bellingham l'occasion de crucifier les Bleus sur le contre (6-4).
Adrien Rabiot, interrogé au micro de M6, n'a pas mâché ses mots après la première période indigne. « On est entrés de manière assez honteuse dans cette première mi-temps. J'ai vu des comportements de certains joueurs que je n'avais jamais vus jusqu'ici. On s'est parlé à la mi-temps, on s'est dit qu'il fallait un peu d'orgueil, et ça a été nettement mieux en seconde période car, sur la première, certains comportements étaient inadmissibles », a-t-il déclaré, pointant des problèmes internes.
Ce match restera comme le symbole du mandat de Didier Deschamps: une équipe capable du pire comme du meilleur, mais qui n'a pas su montrer ce visage déchaîné quand la patrie en avait réellement besoin, quelques jours plus tôt en demi-finale face à l'Espagne. Les Bleus quittent la Coupe du monde sur une note contrastée, entre l'humiliation de la première période et la fierté retrouvée en seconde. Pour Deschamps, c'est la fin d'une ère, marquée par un dernier match inoubliable, mais pour de mauvaises raisons.



