Au moins huit personnes ont été tuées et 63 autres blessées dans la nuit de vendredi à samedi lors d'une attaque de drones ukrainiens contre deux centres logistiques situés dans l'ouest de la Russie, ont annoncé les autorités locales. La région de Moscou a été la cible de plus de 370 drones, selon le maire de la capitale, Sergueï Sobianine, qui a précisé que la plupart avaient été abattus par les défenses antiaériennes avant d'atteindre leurs objectifs.
Dans la petite ville de Kotovsk, située dans la région de Tambov, à environ 700 kilomètres de la ligne de front, sept employés de nuit ont trouvé la mort lorsqu'un drone a frappé un entrepôt de Wildberries, le géant russe du commerce en ligne. Le gouverneur Evguéni Pervyshov a indiqué sur Telegram qu'un incendie s'était déclaré sur le site, mais qu'il avait été maîtrisé, même si les pompiers restent mobilisés. Vingt-quatre personnes ont été blessées dans cette frappe.
Un second entrepôt de Wildberries, situé à Elektrostal, dans la région de Moscou, a également été touché par la chute d'un drone, a rapporté le gouverneur Andreï Vorobiov. Une personne y est morte et 37 autres ont été blessées. Par ailleurs, un incendie s'est déclenché dans un dépôt de pétrole à Noginsk, toujours dans la région moscovite, faisant deux blessés. Une maternité située à proximité a été évacuée par mesure de sécurité, a ajouté M. Vorobiov.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a revendiqué l'opération sur X, affirmant que les deux centres logistiques étaient utilisés « pour fournir des composants sous sanctions destinés à la production de drones et d'équipements de navigation ». Il a précisé que ces installations se trouvaient à plus de 500 et près de 700 kilomètres de la ligne de front. Selon lui, ces frappes visent à entraver le financement de la guerre russe en ciblant des infrastructures logistiques et énergétiques.
L'Ukraine a considérablement intensifié ses attaques en territoire russe ces derniers mois, concentrant ses frappes sur des dépôts de carburant, des centres logistiques et des sites industriels. Cette stratégie vise à réduire la capacité de Moscou à approvisionner ses forces armées et à affaiblir son économie de guerre. Les autorités russes dénoncent régulièrement ces frappes, qu'elles qualifient d'actes terroristes, tandis que Kiev les présente comme des réponses légitimes à l'invasion russe.
Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a indiqué que 64 drones avaient été détruits à l'approche de la capitale, soulignant l'efficacité relative de la défense antiaérienne. Malgré cela, plusieurs impacts ont été enregistrés, provoquant des incendies et des dégâts matériels. Les secours restent déployés sur les différents sites touchés pour éteindre les foyers résiduels et porter assistance aux blessés.
Cette attaque survient dans un contexte de tensions accrues entre les deux pays, alors que les combats se poursuivent sur le front est de l'Ukraine. Les frappes de drones ukrainiens en profondeur du territoire russe sont devenues plus fréquentes et plus massives, témoignant de l'évolution des capacités offensives de Kiev. Les observateurs notent que ces opérations visent à démontrer la vulnérabilité de la Russie, même loin des zones de combat actif.
Les autorités russes n'ont pas encore communiqué de bilan définitif, et il est possible que le nombre de victimes augmente dans les prochaines heures. Les enquêtes sont en cours pour déterminer les circonstances exactes des frappes et identifier les responsables. De son côté, l'Ukraine continue de justifier ses actions par la nécessité de défendre son territoire et de réduire la capacité de nuisance de l'armée russe.



