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Cortex

21 Octobre 2026

Monde

L'Australie poursuit Meta et TikTok pour non-respect de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans

Le gouvernement australien engage des poursuites contre les grandes plateformes sociales, dont Meta et TikTok, accusées de ne pas faire respecter l'interdiction nationale d'accès aux moins de 16 ans.

Céline Girard 4 min PetaPixel

L'Australie s'apprête à poursuivre en justice les principales plateformes de réseaux sociaux, Meta et TikTok en tête, leur reprochant de ne pas appliquer l'interdiction nationale d'usage des réseaux sociaux par les moins de 16 ans. Canberra estime que des enfants continuent d'accéder à ces services malgré l'entrée en vigueur de la mesure, et entend désormais faire trancher la question devant les tribunaux.

Le dispositif australien, présenté comme l'un des plus stricts au monde, impose aux plateformes de vérifier l'âge de leurs utilisateurs et de bloquer les mineurs de moins de 16 ans. Les entreprises concernées sont tenues de mettre en place des mécanismes de contrôle effectifs, et non de simples déclarations sur l'honneur. Or, selon les autorités, ces garde-fous restent insuffisants et permettent à de nombreux adolescents de conserver un compte actif.

Les poursuites visent l'ensemble des grandes sociétés du secteur, ce qui élargit le conflit au-delà d'un seul acteur. Le gouvernement australien entend ainsi envoyer un signal clair : la responsabilité de la protection des mineurs en ligne incombe aux plateformes elles-mêmes, et non aux familles ou aux écoles. Cette démarche s'inscrit dans un contexte international où les États cherchent de plus en plus à encadrer l'accès des jeunes aux réseaux sociaux, entre pressions réglementaires et débats sur la santé mentale des adolescents.

Pour Meta et TikTok, l'enjeu est double. Il s'agit d'abord d'une question juridique et financière, avec le risque de sanctions et d'injonctions judiciaires. Mais c'est aussi un enjeu d'image : les deux groupes sont déjà critiqués pour leurs effets supposés sur les jeunes utilisateurs, et une procédure intentée par un État souverain renforce la pression publique. Les plateformes défendent généralement leurs dispositifs de vérification d'âge et soulignent la difficulté technique de contrôler l'âge réel des internautes sans collecter davantage de données personnelles.

Le dossier pourrait faire jurisprudence. Si les tribunaux australiens donnent raison au gouvernement, les plateformes devront revoir en profondeur leurs procédures d'inscription et de vérification, avec des conséquences possibles pour leurs modèles économiques fondés sur l'audience des jeunes. D'autres pays, en Europe notamment, suivent de près l'expérience australienne, qui servira de test grandeur nature à l'encadrement strict des réseaux sociaux pour les mineurs.

Reste une question centrale : comment concilier protection des enfants et respect de la vie privée de tous les utilisateurs. Les autorités australiennes estiment que les plateformes disposent des moyens techniques nécessaires pour remplir leurs obligations. Les entreprises, de leur côté, plaident pour une approche coordonnée entre États, régulateurs et acteurs du numérique, jugeant qu'une vérification d'âge efficace ne peut reposer sur les seules plateformes. La procédure qui s'ouvre devrait préciser les responsabilités de chacun.

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Céline Girard

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Reporter

Céline Girard couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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