La fumée des multiples incendies de forêt qui ravagent le Canada depuis plusieurs semaines a atteint samedi 18 juillet les États-Unis, plongeant une partie du nord-est du pays dans un épais brouillard de pollution. À New York, où doit se jouer dimanche la finale de la Coupe du monde de football, la situation est surveillée de près par les autorités locales, tandis que le président américain Donald Trump a directement mis en cause le gouvernement canadien.

Dans une déclaration publique, Donald Trump a affirmé tenir le Canada pour responsable de cette pollution atmosphérique transfrontalière. « Nous tenons le Canada pour responsable », a-t-il lancé, menaçant d'imposer de nouvelles taxes douanières à son voisin du nord. Selon le président américain, la gestion des feux de forêt par Ottawa serait insuffisante, ce qui entraînerait des conséquences directes sur la qualité de l'air aux États-Unis, y compris dans la région new-yorkaise où se déroule l'un des événements sportifs les plus attendus de l'année.

Les feux de forêt, qui brûlent dans plusieurs provinces canadiennes, notamment en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario, ont déjà provoqué l'évacuation de milliers de personnes et détruit des centaines de milliers d'hectares de forêt. Les vents dominants ont transporté les particules fines sur des centaines de kilomètres, jusqu'à la côte est américaine. À New York, les autorités sanitaires ont recommandé aux habitants de limiter leurs activités extérieures et de porter des masques de protection, tandis que la visibilité était réduite dans plusieurs quartiers de la ville.

La finale de la Coupe du monde, qui oppose deux équipes encore non déterminées à ce stade, se tient dans un stade de la banlieue de New York. Les organisateurs ont indiqué que la rencontre se déroulerait comme prévu, mais qu'ils surveillaient en continu la qualité de l'air. Des mesures d'urgence pourraient être prises si la pollution atteignait un seuil critique, notamment le report ou le déplacement du match. Les joueurs et les supporters sont invités à prendre des précautions.

Donald Trump a profité de cette crise pour durcir le ton envers le Canada, un allié traditionnel des États-Unis. « Le Canada doit faire son travail. Nous ne pouvons pas laisser ses incendies empoisonner l'air de nos villes », a-t-il déclaré, ajoutant que des droits de douane supplémentaires pourraient être imposés sur les produits canadiens si Ottawa ne prenait pas de mesures plus énergiques. Cette menace intervient dans un contexte déjà tendu entre les deux pays, marqué par des différends commerciaux et diplomatiques.

Le gouvernement canadien a répondu en soulignant que les incendies de forêt sont un phénomène naturel aggravé par le changement climatique, et que les autorités canadiennes déploient des moyens considérables pour les combattre. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités américaines pour partager des informations et des ressources », a déclaré un porte-parole du ministère des Ressources naturelles. « Les incendies ne connaissent pas de frontières, et nous sommes tous confrontés à ce défi commun. »

Les experts en environnement rappellent que les feux de forêt au Canada sont devenus plus fréquents et plus intenses ces dernières années, en raison de la sécheresse et des températures élevées. La fumée peut voyager sur des milliers de kilomètres et affecter la santé de millions de personnes, même loin des zones brûlées. À New York, les niveaux de particules fines ont dépassé les seuils de sécurité, provoquant une alerte sanitaire dans plusieurs comtés.

Pour les New-Yorkais, cette situation rappelle les épisodes de fumée de l'été 2023, lorsque les incendies canadiens avaient déjà recouvert la ville d'un voile orangé. « C'est inquiétant de voir cela se reproduire, surtout à un moment aussi important pour la ville », confie un habitant de Manhattan. Les autorités locales ont mis en place des centres d'accueil climatisés pour les personnes vulnérables et distribuent des masques dans les zones les plus touchées.

La finale de la Coupe du monde, qui doit attirer des dizaines de milliers de spectateurs du monde entier, est un événement majeur pour l'économie et l'image de New York. Les retombées économiques sont estimées à plusieurs centaines de millions de dollars. Un éventuel report ou annulation aurait des conséquences financières et logistiques importantes. Les organisateurs se disent confiants, mais la météo et la qualité de l'air restent des variables imprévisibles.

Cette crise transfrontalière met en lumière les défis de la coopération internationale face aux catastrophes naturelles. Alors que le changement climatique accroît la fréquence et l'intensité des incendies, les pays doivent trouver des moyens de gérer ensemble leurs conséquences, au-delà des tensions politiques. La menace de Donald Trump d'imposer des droits de douane ajoute une dimension commerciale à un problème environnemental, compliquant encore la relation entre les deux voisins.

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Céline Girard couvre pour Cortex Luxe l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.