Le président du groupe parlementaire conservateur CDU/CSU au Bundestag, Jens Spahn, a annoncé sa démission samedi 19 juillet, après avoir été vivement critiqué au sein de son propre parti pour avoir eu recours à une gestation pour autrui (GPA) aux États-Unis. Cette pratique est interdite en Allemagne, et l'annonce de sa paternité par mère porteuse, révélée jeudi par la presse allemande, a provoqué un tollé politique qui a finalement conduit à son départ.
Dans une lettre adressée à ses collègues parlementaires, Jens Spahn a justifié sa décision en expliquant que son « bonheur personnel, qui consiste à fonder une famille avec mon mari et à devenir père, est incompatible avec ma fonction politique ». Il a reconnu que « trouver un équilibre entre ma décision personnelle d'avoir un enfant par le biais d'une mère porteuse et les attentes compréhensibles qui pèsent sur moi en tant que président de notre groupe parlementaire s'est avéré plus difficile que je ne l'avais prévu ».
Le chancelier Friedrich Merz, également président de la CDU, a salué la démission de Jens Spahn, la qualifiant de « juste et inévitable ». Tout en rendant hommage à la contribution de Spahn au retour de la CDU au pouvoir, Merz a souligné que « la crédibilité est le bien le plus précieux en politique ». La CDU s'oppose fermement à la GPA et a récemment voté, lors d'un congrès en février, en faveur du maintien de l'interdiction en vigueur en Allemagne.
La polémique a éclaté après que le quotidien Bild a révélé que Jens Spahn et son mari étaient devenus parents grâce à une mère porteuse aux États-Unis, qui était enceinte de quatre mois au moment du congrès de la CDU en février. L'annonce a immédiatement suscité des critiques au sein de la CDU, certains responsables appelant ouvertement à sa démission, ainsi que des accusations d'hypocrisie de la part de l'opposition.
Vendredi, Jens Spahn avait tenté de se défendre lors d'une interview en podcast accordée à Bild, affirmant qu'il « avait longtemps été en proie à un conflit intérieur, notamment sur la question de la maternité de substitution », avant de finalement décider d'avoir un enfant avec cette méthode. Il a également précisé que sa décision personnelle ne remettait pas en cause son opposition politique à la GPA, mais ces explications n'ont pas suffi à apaiser les tensions.
Les réactions de l'opposition ont été particulièrement sévères. Luigi Pantisano, l'un des dirigeants du parti d'extrême gauche Die Linke, a dénoncé un « deux poids, deux mesures », déclarant au journal Rheinische Post que « la loi s'applique toujours aux gens ordinaires, mais pour les hauts responsables politiques, elle ne semble valoir que jusqu'au moment où ils ont suffisamment d'argent pour la contourner à l'étranger ». Les députés de l'opposition ont salué la démission de Jens Spahn.
La question de la GPA devrait désormais faire l'objet de discussions au sein de la CDU. Vendredi, Friedrich Merz avait indiqué que le parti aborderait ce sujet lors de futures réunions, tout en félicitant le député pour la naissance de son enfant. Le chancelier avait également précisé ne voir « aucune raison » de modifier la législation allemande sur la gestation pour autrui, qui reste strictement interdite.
Jens Spahn, figure importante de la CDU et proche allié de Friedrich Merz, avait joué un rôle clé dans le retour des conservateurs au pouvoir. Sa démission intervient dans un contexte de débat sociétal sensible en Allemagne, où la GPA est interdite depuis 1991 en raison de préoccupations éthiques liées à la protection des mères porteuses et des enfants. Cette affaire met en lumière les contradictions entre les positions politiques officielles et les choix personnels des responsables, et soulève des questions sur l'application de la loi face aux moyens financiers et aux réseaux des élites.



