Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête préliminaire pour des faits présumés de tortures, après le traitement réservé par les autorités israéliennes à deux participants d’une flottille pour Gaza interceptée entre le 1er et le 7 octobre 2025. Cette procédure, ouverte le 1er juillet, concerne notamment la députée La France insoumise (LFI) Marie Mesmeur, qui faisait partie de l’expédition humanitaire. Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), une unité spécialisée dans les violations graves du droit international.

Marie Mesmeur a salué l’ouverture de cette enquête, espérant qu’elle permettra de faire toute la lumière sur les actes commis par l’État d’Israël, notamment en prison. Selon son témoignage, elle a été retenue près de 24 heures à bord du bateau avant d’être détenue quatre jours en Israël, où elle dit avoir subi des privations « de nourriture, d’eau, de soins ». La députée assure avoir porté plainte dès son retour en France. Elle explique avoir tenté de protéger une autre détenue et avoir reçu plusieurs coups, précisant avoir obtenu dix jours d’incapacité totale de travail (ITT) à cause d’une côte fêlée et d’hématomes, du fait des agissements des gardiens israéliens.

Son avocat, Me Raphaël Kempf, estime que les crimes dont a été victime Marie Mesmeur sont graves et ne doivent pas rester impunis. Il affirme qu’elle a été arrêtée en haute mer et conduite en Israël où elle a été emprisonnée de façon parfaitement illégale, et demande la désignation d’un juge d’instruction. Cette nouvelle enquête s’ajoute à une autre procédure préliminaire ouverte en France au début du mois de juin, après un signalement du Quai d’Orsay concernant une autre flottille pour Gaza interceptée en mai 2026. Les autorités israéliennes rejettent ces accusations, mais les plaignants demandent que l’enquête remonte la chaîne des responsabilités, citant notamment le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a salué sur X cette ouverture d’enquête comme un « acquis important pour la lutte et pour l’image de la France ». Cette affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour des flottilles humanitaires tentant de briser le blocus de Gaza, imposé par Israël depuis 2007. Les participants à ces missions dénoncent régulièrement des interceptions brutales en haute mer et des conditions de détention dégradantes. La France, par l’intermédiaire de son parquet antiterroriste, semble vouloir établir les faits et, le cas échéant, poursuivre les responsables présumés de ces actes, renforçant ainsi son engagement en faveur du droit humanitaire international.