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26 Août 2026

Ravijung / Wikimedia Commons

Monde

Népal-Tibet : 98 morts et des centaines de disparus après les crues

Une vague de boue et de débris a ravagé plusieurs vallées himalayennes. Parmi les disparus figurent de nombreux voyageurs et pèlerins, tandis que la cause exacte reste à établir.

Céline Girard 4 min

Une crue soudaine chargée de boue et de rochers a traversé mercredi les vallées de la frontière entre le Népal et le Tibet, faisant au moins 98 morts. Des centaines de personnes sont encore portées disparues, dans un paysage où maisons, routes et ponts ont été profondément endommagés.

Le Népal a fait état de 95 décès. La télévision d’État chinoise CCTV a annoncé trois morts dans le comté tibétain de Gyirong. Les autorités népalaises comptaient 403 disparus, dont 341 étrangers. À Gyirong, CCTV évoquait 265 personnes introuvables. Ces chiffres ont fortement évolué en quelques heures et restent susceptibles d’être révisés.

Dans les districts népalais de Rasuwa et Nuwakot, les images montrent des quartiers couverts de limon et des véhicules déplacés par la force de l’eau. Le Bhote Koshi et le Trishuli traversent ici des reliefs très encaissés : un événement survenu en altitude peut se transformer en vague destructrice avant que les communautés en aval n’aient beaucoup de temps pour réagir.

La dimension humaine dépasse largement les villages riverains. De nombreux touristes et pèlerins se trouvaient dans le corridor frontalier. La Nepal Tourism Board tente de reconstituer leurs déplacements avec les agences de voyage. Le secteur sert notamment de passage vers le mont Kailash, haut lieu de pèlerinage, ce qui explique la présence de groupes étrangers dispersés dans toute la région.

Les secours népalais ont mobilisé l’armée, la police et les équipes d’urgence. La Chine mène ses propres recherches côté tibétain. La boue, la hauteur de l’eau et les versants fragilisés empêchent parfois les hélicoptères de se poser. Les routes coupées ralentissent également l’arrivée de matériel lourd.

La cause exacte n’est pas encore fixée. Des analyses préliminaires évoquent une avalanche de glace, de neige et de roche dans le bassin de la Lhende. Une masse de débris aurait pu fermer le cours d’eau, former un barrage naturel, puis libérer brutalement l’eau accumulée. Ce mécanisme reste à documenter précisément.

Un séisme de magnitude voisine de 4,4 a été détecté peu avant la catastrophe. Il est tentant d’en faire l’explication immédiate, mais les chercheurs ne disposent pas encore d’une preuve de causalité. Ils devront comparer les données sismiques, les images satellites et les traces du glissement pour déterminer si le choc a réellement déclenché l’avalanche.

Le danger n’est peut-être pas entièrement passé. Les autorités craignent qu’un autre obstacle naturel retienne encore de l’eau en amont. Les habitants des zones basses ont donc reçu l’ordre de rester éloignés des rives. Dans ces vallées, une seconde rupture pourrait arriver avec peu de préavis.

La crue a aussi frappé un élément central de l’économie népalaise : l’hydroélectricité. Le ministère de l’Énergie estime qu’environ 430 mégawatts de capacité ont été affectés, soit plus de 12 % de la capacité hydroélectrique du pays. Les ouvrages de montagne dépendent de routes d’accès qui ont elles-mêmes été endommagées.

L’épisode réveille le souvenir d’une autre inondation meurtrière du Bhote Koshi l’an dernier, attribuée ensuite à la vidange d’un lac supraglaciaire. Le parallèle est éclairant mais ne doit pas devenir un raccourci : rien ne prouve que le mécanisme soit identique cette fois.

Lorsque la recherche des disparus laissera place à la reconstruction, la question centrale sera celle du temps d’alerte. Dans un environnement où glaciers, pentes instables et rivières se rencontrent, quelques minutes gagnées entre la détection d’un danger et l’évacuation d’une vallée peuvent faire la différence entre une perturbation majeure et une catastrophe humaine.

Céline Girard

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Reporter

Céline Girard couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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