Le Slovène Tadej Pogacar, maillot jaune et leader du classement général du Tour de France après sa victoire lors de la 14e étape, a vécu une nuit particulièrement agitée. En pleine nuit, des contrôleurs antidopage ont frappé à sa porte pour un test inopiné, le privant d'un sommeil pourtant crucial entre deux étapes de montagne éprouvantes. Le champion du monde en titre a confié n'avoir dormi que quatre heures, une expérience qu'il aurait volontiers évitée.
« J'ai dormi 4 heures cette nuit. C'était à 5 heures du matin. Je me couche toujours tard. Ça a été un gros choc pour moi de n'avoir que 4 heures de sommeil », a déclaré Pogacar, visiblement fatigué mais gardant le sourire. Il a expliqué n'avoir pas réussi à se rendormir après le contrôle, passant le reste de la nuit à écouter de la musique et à boire des cafés. « Ce n'était vraiment pas agréable de se réveiller en plein milieu de doux rêves », a-t-il ajouté, tout en exprimant de la compassion pour les contrôleurs eux-mêmes, qui ne font selon lui que leur travail.
Jonas Vingegaard, le Danois dauphin de Pogacar au classement général, a subi le même sort mais à une heure encore plus matinale: 2 heures du matin. « Je pensais qu'ils n'avaient pas le droit, mais apparemment si », a réagi le coureur de l'équipe Visma, estimant avoir mis 40 minutes à se rendormir. « Je me sens bien même si je n'ai pas très bien dormi. Je pense que c'est bien de nous tester, mais pas lorsque cela affecte nos performances ou notre sommeil. Tester à 2 heures du matin, ça dépasse les bornes à mon avis », a-t-il ajouté, traduisant un mécontentement partagé au sein du peloton.
Les visites nocturnes des contrôleurs antidopage sont légales depuis 2016, mais elles restent rares et très encadrées. Selon l'article L232-14-1 du code du sport français, elles ne peuvent être réalisées qu'en cas de « soupçons graves et concordants que le sportif a contrevenu ou va contrevenir aux dispositions prévues et un risque de disparition de preuves ». Cette précision juridique a relancé les spéculations sur les raisons ayant motivé ces contrôles ciblés sur les deux premiers du classement général, alors qu'aucun contrôle nocturne n'avait été diligenté lors de l'édition 2025 du Tour.
Les dirigeants des équipes UAE (Pogacar) et Visma (Vingegaard) ont exprimé un agacement certain auprès des contrôleurs, estimant que la santé des coureurs, déjà malmenée par des étapes courues sous des chaleurs extrêmes cette année, ne devrait pas être compromise par des tests à des heures indues. La polémique intervient dans un contexte où la lutte antidopage est particulièrement intense sur la Grande Boucle. L'an passé, l'Agence de contrôles internationale (ITA) avait prélevé plus de 600 échantillons sanguins et urinaires pendant l'épreuve, selon des révélations du journal Le Monde.
Le coureur français Valentin Madouas, 21e du classement général l'année précédente, avait décrit la mécanique des contrôles dans un podcast: « Ils ont dû venir quatre fois, à peu près, pour moi. En gros, des fois ils te réveillent à 7 heures. Tu entends frapper, tu te demandes ce que c'est. Après, aux arrivées d'étapes, les vainqueurs d'étape et le maillot sont directement au contrôle. Pogacar, il fait des contrôles tous les jours. Il a fait plus de 20 contrôles je pense. Il a l'habitude maintenant. Il rentre et ressort directement. » Cette routine quotidienne contraste avec la surprise des tests nocturnes, qui ont visiblement perturbé la récupération des deux leaders.
Malgré la fatigue, Pogacar reste en tête du classement général et devra aborder les prochaines étapes de montagne avec une préparation altérée par ce manque de sommeil. La question de l'équilibre entre la lutte antidopage et la préservation de la santé des sportifs est relancée, alors que les contrôles nocturnes, bien que légaux, suscitent des interrogations sur leur opportunité en pleine compétition. Les instances sportives devront peut-être clarifier les conditions de ces tests pour éviter qu'ils ne deviennent un facteur perturbateur supplémentaire dans une course déjà exigeante.



