Un ancien pilote de chasse de l'aéronavale française, devenu youtubeur suivi par plus de 560 000 abonnés, a été mis en examen le 23 juillet à Paris pour intelligence avec une puissance étrangère et divulgation de secret de la défense nationale. Selon le parquet de Paris, il est également poursuivi pour collecte et livraison d'informations sur les intérêts fondamentaux de la nation à une puissance étrangère. L'homme a été placé sous contrôle judiciaire dans l'attente de la suite de l'enquête.
Les faits reprochés ont été signalés à la justice par le ministère des Armées au titre de l'article 40 du code de procédure pénale. Le parquet avait reçu ce signalement le 19 février 2025, dénonçant un ancien militaire soupçonné d'intelligence avec une puissance étrangère, de divulgation de secret de défense nationale, de violation de consignes, de cumul d'activités et de blanchiment de fraude fiscale. Une enquête préliminaire a été ouverte et confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Cet ancien pilote de chasse s'était fait connaître sur YouTube où il animait une chaîne consacrée à l'aviation et à ses expériences militaires. Son activité en ligne lui avait valu une certaine notoriété, mais c'est son comportement pendant son service actif qui a attiré l'attention des autorités. Selon une source proche du dossier citée par l'AFP, ses déplacements en Chine en septembre 2018 et en août 2019 se sont déroulés alors qu'il était encore en activité au sein des forces armées, sans qu'il en informe sa hiérarchie comme le prévoit le règlement militaire.
Ces voyages, au cœur de l'enquête, étaient rémunérés par une société sud-africaine. D'après les informations révélées par Le Canard enchaîné, l'ancien pilote aurait perçu des fonds pour animer des séminaires en Chine. Interrogé par l'hebdomadaire, l'intéressé a déclaré: « Je me suis contenté d'animer deux séminaires de trois jours chacun. Mon voyage de 2019 ne s'est pas très bien passé, je n'ai plus jamais remis un pied en Chine ensuite. » Il nie donc toute intention d'espionnage.
L'affaire soulève des questions sur la protection des secrets militaires face aux sollicitations de puissances étrangères. Le ministère des Armées a réagi rapidement en signalant les faits à la justice. La DGSI a mené l'enquête préliminaire avant que le dossier ne soit confié à un juge d'instruction. Selon des sources concordantes, l'ex-pilote a été placé en garde à vue avant sa mise en examen.
Les charges retenues contre lui sont particulièrement lourdes: intelligence avec une puissance étrangère, une infraction prévue par le code pénal français qui peut entraîner de lourdes peines de prison. La divulgation de secret de défense nationale est également un crime passible de sanctions sévères. Le parquet de Paris n'a pas communiqué sur les éventuels éléments matériels récoltés lors des perquisitions ou écoutes.
Cette affaire rappelle d'autres cas récents d'espionnage présumé impliquant des citoyens français, notamment la condamnation de Martin Ryan en Azerbaïdjan pour espionnage, confirmée en appel. Cependant, le cas de cet ancien pilote est particulier en raison de son profil de youtubeur et de sa notoriété publique.
L'enquête se poursuit sous l'autorité d'un juge d'instruction. L'ancien pilote reste présumé innocent jusqu'à un éventuel procès. Son contrôle judiciaire implique probablement des restrictions de déplacement et l'interdiction d'entrer en contact avec certaines personnes ou institutions. Les autorités françaises restent vigilantes face aux menaces d'ingérence étrangère dans le domaine de la défense.



