L'Europe connaît actuellement une vague d'incendies de forêt d'une violence rare, touchant plusieurs pays du sud au nord du continent. En Espagne, la région de Madrid est en proie à ce que les autorités qualifient de « pire incendie de l'histoire » locale, tandis que l'Italie, l'Irlande et l'Écosse luttent également contre des feux dévastateurs. Les conditions météorologiques extrêmes, marquées par une chaleur intense et une sécheresse persistante, favorisent la propagation rapide des flammes, mettant à rude épreuve les services de secours.
En Espagne, la situation est particulièrement critique aux portes de Madrid. Vendredi 24 juillet, au moins 19 000 personnes ont été évacuées ou confinées dans la région, a annoncé la présidente régionale Isabel Díaz Ayuso. L'incendie, qui a déjà ravagé 6 000 hectares à l'ouest de la capitale, est décrit comme le plus grave jamais enregistré dans cette zone. Deux des trois foyers principaux ont fusionné vendredi midi, compliquant encore les opérations de lutte. Les autorités ont souligné que les conditions météorologiques, notamment le vent, rendent l'extinction difficile. Par ailleurs, un gigantesque incendie dans la province de Guadalajara, qui a brûlé 32 000 hectares depuis plus d'une semaine, a vu son intensité diminuer, mais le feu n'est ni éteint ni officiellement stabilisé. L'Union européenne a déployé quatre avions en Espagne pour appuyer les efforts nationaux, en plus de trois appareils déjà envoyés en France.
L'Italie n'est pas épargnée. Le sud du pays et la Sicile sont frappés par des dizaines de feux de forêt et de végétation, attisés par un vent chaud. Le ministre de l'Intérieur, Matteo Piantedosi, a fait état de la situation jeudi. Un pompier a perdu la vie mercredi en combattant les flammes dans le sud de l'Italie. En Sicile, où les températures ont dépassé les 40 °C ces derniers jours, une centaine d'habitants et 22 patients d'une clinique ont été évacués mercredi. Selon les pompiers, l'île a enregistré plus de 1 000 départs de feu depuis le week-end précédent. Le président de la région, Renato Schifani, a indiqué que 6 000 hommes sont déployés et 20 moyens aériens sont en opération, précisant que près de 50 incendies sur les 344 signalés mercredi restent actifs. En Calabre, région voisine, plus de 160 incendies ont été recensés en 24 heures.
Le nord de l'Europe est également touché. En Irlande, un immense incendie s'est déclenché lundi sur le mont Slievenamon, près de Clonmel, dans le comté de Tipperary. Plus de 700 hectares de terres ont déjà été détruits. Malgré les efforts des pompiers, appuyés par des hélicoptères de l'armée de l'air qui larguent de l'eau sur les flammes, le feu s'est propagé et l'odeur de fumée a été signalée jusqu'à Cork, à une centaine de kilomètres. La semaine précédente, le parc national de Killarney, classé par l'Unesco, avait été touché par des incendies, ravageant plus de 20 hectares de cette réserve. L'Irlande est placée en alerte incendie de niveau orange en raison de la vague de chaleur et de la sécheresse. En Écosse, un incendie s'est déclenché dimanche sur le volcan Arthur's Seat, à Édimbourg. Six camions de pompiers ont été dépêchés pour lutter contre ce feu de broussailles, et les équipes ont réussi à éteindre les flammes sans faire de blessés. L'alerte aux feux de forêt « à très haut risque » a été prolongée jusqu'à vendredi pour le centre des Highlands, le sud et l'est de l'Écosse, en raison de la persistance de conditions chaudes.
Cette série d'incendies souligne l'impact du changement climatique, qui aggrave les phénomènes météorologiques extrêmes et favorise la propagation des feux de forêt. Les autorités locales et européennes appellent à une vigilance accrue et à une mobilisation renforcée pour faire face à ces catastrophes, qui mettent en danger les populations, les biens et les écosystèmes.



