Venise étend sa taxe d'entrée à partir de 2027
La ville de Venise a décidé d'élargir considérablement le calendrier de sa taxe d'entrée pour les touristes à la journée à partir de 2027, après avoir déjà collecté des millions d'euros depuis 2024.
Venise va étendre sa taxe d'entrée pour les touristes à la journée. À partir de 2027, la contribution, déjà en vigueur depuis 2024, sera exigible pendant un nombre de jours bien plus important qu'aujourd'hui, a décidé la municipalité. Le montant de la taxe reste fixé à un maximum de 10 euros par visiteur.
Le dispositif, introduit en 2024, a permis à la cité lagunaire de percevoir des millions d'euros. Cette manne alimente les caisses de la ville, qui doit financer l'entretien d'un patrimoine fragile et la gestion d'un flux touristique parmi les plus denses d'Europe. L'extension du calendrier vise à élargir la période pendant laquelle les excursionnistes doivent s'acquitter du paiement.
Venise n'est pas la première destination à expérimenter ce type de contribution, mais elle en est devenue le symbole. La ville accueille chaque année des millions de visiteurs, dont une part importante ne passe qu'une journée, sans y dormir. Ces excursionnistes génèrent des revenus pour les commerces et les guides, mais pèsent sur les services publics, le nettoyage, les transports et la conservation des monuments, sans contribuer à la taxe de séjour acquittée par les touristes qui résident sur place.
La taxe d'entrée a été conçue comme un outil de régulation autant que de financement. En rendant le passage payant, les autorités entendent décourager les visites les plus courtes aux périodes de forte affluence et mieux répartir les flux sur l'année. L'élargissement du calendrier à partir de 2027 renforce cette logique : la contribution ne sera plus limitée à quelques journées de pointe, mais couvrira une part beaucoup plus large de la saison touristique.
Le montant de 10 euros constitue un plafond. Selon les périodes et la fréquentation attendue, le tarif peut être modulé. Ce mécanisme permet à la municipalité d'adapter la pression tarifaire aux moments où la ville est la plus sollicitée, tout en maintenant un accès possible le reste de l'année.
La décision intervient dans un contexte de débat européen sur la gestion du surtourisme. Plusieurs grandes villes, de Barcelone à Amsterdam, réfléchissent à des dispositifs similaires pour limiter l'afflux de visiteurs et financer les infrastructures. Venise, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, fait figure de laboratoire en la matière, avec une expérience désormais suffisamment longue pour être évaluée.
Les modalités pratiques restent à préciser. Les autorités devront définir les jours exacts d'application, les exemptions éventuelles et les canaux de paiement. Les résidents, les travailleurs et les personnes nées dans la ville devraient continuer à bénéficier de dérogations, comme c'est le cas depuis l'introduction du dispositif.
Pour les voyageurs, l'extension du calendrier signifie qu'il faudra désormais vérifier, avant de réserver une excursion à la journée, si la date choisie est soumise à la taxe. Les séjours avec nuitée restent soumis à la taxe de séjour, distincte de cette contribution d'entrée.
Avec cette décision, Venise confirme sa volonté de faire payer l'accès à la ville aux visiteurs qui n'y séjournent pas. La mesure, qui entrera en vigueur en 2027, devrait être suivie avec attention par les autres destinations confrontées aux mêmes défis.
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