Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté, jeudi 30 juillet, la demande du parti Renaissance de Gabriel Attal visant à interdire au Rassemblement national (RN) d’utiliser le mot « renaissance » dans sa campagne présidentielle. Les juges ont estimé que le slogan « Pour la France, la renaissance », utilisé par Marine Le Pen sur une affiche dévoilée début juillet, ne portait pas atteinte à la marque du parti présidentiel.

Dans sa décision, le tribunal précise que « les défendeurs utilisent le nom commun “la renaissance” d’une façon qui ne suscite pas de confusion avec le nom propre “Renaissance” du demandeur, ni ne laisse croire à une collaboration entre les deux mouvements politiques ». Cette argumentation a conduit au rejet de l’action en justice intentée mi-juillet par le parti de Gabriel Attal, qui invoquait une « contrefaçon de marque » et un « parasitisme ».

L’affiche litigieuse, dévoilée par Marine Le Pen au début du mois de juillet, porte le slogan « Pour la France, la renaissance ». Le parti Renaissance, qui porte le nom de la formation politique fondée par Emmanuel Macron, avait assigné le RN en justice, estimant que cette utilisation était de nature à créer une confusion dans l’esprit des électeurs et à nuire à sa propre campagne.

Gabriel Attal, actuel secrétaire général de Renaissance et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, avait personnellement porté cette affaire. Son parti espérait obtenir une interdiction rapide de l’utilisation du terme, arguant que le mot « renaissance » était une marque déposée et que son emploi par un adversaire politique constituait une manoeuvre déloyale.

La décision du tribunal judiciaire de Paris constitue un revers pour le camp présidentiel. Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, pourra donc continuer à utiliser ce slogan dans le cadre de sa campagne. La candidate a salué cette décision, y voyant une reconnaissance de son droit à employer un terme du langage courant.

Ce jugement intervient dans un contexte de campagne présidentielle déjà tendue. La question de l’utilisation des noms de partis ou de slogans similaires n’est pas nouvelle en politique française, mais cette affaire a mis en lumière les tensions entre les deux principales formations en vue du scrutin de 2027. Le tribunal a estimé que le terme « renaissance » était un nom commun avant d’être un nom propre, et que son utilisation par le RN ne visait pas à s’approprier la marque de Renaissance.

D’un point de vue juridique, le rejet de la demande repose sur l’absence de risque de confusion. Les juges ont considéré que les électeurs étaient capables de distinguer le parti Renaissance du slogan de campagne de Marine Le Pen, et que l’utilisation du mot dans un contexte politique différent ne constituait pas une infraction. Cette décision pourrait faire jurisprudence pour d’éventuels litiges similaires à l’avenir.

Gabriel Attal n’a pas immédiatement réagi à cette décision, mais son entourage a indiqué que le parti Renaissance étudiait la possibilité de faire appel. En attendant, Marine Le Pen poursuit sa campagne avec le slogan « Pour la France, la renaissance », qui devient un élément central de sa communication. Cette affaire rappelle que la bataille électorale se joue aussi sur le terrain juridique, où chaque mot peut être contesté.

Cette décision représente un nouveau chapitre dans la rivalité entre Renaissance et le Rassemblement national. Alors que la campagne présidentielle s’intensifie, les deux camps devront désormais se concentrer sur les enjeux de fond plutôt que sur des querelles sémantiques. Le tribunal a tranché: le mot « renaissance » reste librement utilisable par tous les candidats.