Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a officiellement lancé sa candidature à un quatrième mandat à la tête du pays. Il s’exprimait dimanche lors d’une convention de son Parti des travailleurs (PT) à São Paulo, en présence d’environ 3 000 partisans. À 80 ans, Lula s’est dit « en pleine forme » pour cette campagne, qu’il présente comme la dernière. Candidat pour la septième fois à la présidence, l’ancien ouvrier et leader syndical demeure une figure dominante de la politique brésilienne.
Le chef de l’État a déjà exercé deux mandats présidentiels entre 2003 et 2010, avant de revenir au pouvoir en 2023. Il brigue donc un quatrième et dernier mandat. La convention du PT s’est ouverte dans une ambiance militante, ponctuée par les chants « Olé, ola, Lula, Lula » et des pancartes proclamant « Le Brésil ne se rend pas ». Selon la presse brésilienne, une annonce plus festive de la candidature devrait encore avoir lieu le 16 août.
Lula aura face à lui Flavio Bolsonaro, sénateur de 45 ans et fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Ce dernier est détenu pour tentative de coup d’État, pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir malgré sa défaite électorale de 2022. Flavio Bolsonaro a officialisé sa propre candidature une semaine avant celle de Lula.
Le duel s’annonce serré. Selon un récent sondage de l’institut Datafolha, Lula recueille 48 % d’intentions de vote au second tour, contre 43 % pour son adversaire. En 2022, le champion de la gauche l’avait emporté de justesse, et le pays reste profondément polarisé. Dans ce contexte, la candidature de Lula bénéficie d’un constat partagé par une partie de la gauche brésilienne: « faute d’alternative, Lula apparaît comme le meilleur candidat à gauche », résume Hervé Théry, géographe et professeur à l’université de São Paulo.
La campagne est également placée sous le signe du président américain Donald Trump, allié de la famille Bolsonaro. Washington a récemment soutenu plusieurs candidats de droite victorieux en Amérique latine. En juillet, les États-Unis ont infligé deux nouvelles vagues de droits de douane sur des produits brésiliens, invoquant de supposées pratiques commerciales déloyales. Une première surtaxe avait déjà été imposée l’an dernier, encouragée par Eduardo Bolsonaro, un autre fils de l’ancien président, avant d’être en grande partie levée après un bref réchauffement entre Lula et Trump.
Face à cette pression, le président brésilien a fait de la défense de la « souveraineté » son axe de campagne. Il est décrit, par l’un de ses alliés, comme « l’anti-Trump » et accuse Flavio Bolsonaro d’être un « traître à la patrie » pour avoir, selon lui, incité les États-Unis à frapper l’économie brésilienne. L’intéressé dément ces accusations.
« Le discours sur la souveraineté tombe à pic pour Lula, à un moment où il connaissait une baisse de popularité, et parvient à identifier un ennemi à l’extérieur pour le rendre responsable de certains des maux que nous vivons », analyse Leonardo Paz, professeur de science politique à la Fondation Getulio Vargas. Ce calcul intervient alors que l’héritier Bolsonaro, bien qu’affaibli par une série de crises, ne perd pas pied dans les sondages. L’élection présidentielle à venir s’annonce ainsi comme l’une des plus disputées de l’histoire récente du Brésil.



