Des chercheurs de Stanford font revivre des coraux blanchis par contact avec des coraux sains
Une équipe de Stanford a observé que les symbiontes de coraux sains peuvent migrer vers des coraux blanchis et les régénérer en quelques semaines, à condition qu'ils appartiennent au même génotype. Une piste prometteuse pour accélérer la restauration des récifs face au réchauffement des océans.
Des chercheurs de l'université Stanford ont mis en évidence un mécanisme inattendu de régénération des coraux blanchis. Lorsque des spécimens sains et blanchis sont placés côte à côte dans un laboratoire, les symbiontes — ces micro-organismes qui fournissent leur nourriture aux coraux — peuvent passer du corail sain au corail affaibli et le ranimer en quelques semaines. La découverte offre une nouvelle piste pour lutter contre le dépérissement des récifs, l'un des écosystèmes les plus menacés par le réchauffement des océans.
Le phénomène a été observé par hasard, lorsque des chercheurs ont constaté qu'un corail blanchi et un corail en bonne santé, qui se touchaient accidentellement dans leur dispositif expérimental, échangeaient leurs symbiontes. Le corail blanchi a alors retrouvé des couleurs et une activité normale en l'espace de quelques semaines. Les scientifiques ont ensuite établi qu'un contact d'une semaine suffisait pour déclencher le transfert, et que trois jours avaient même été suffisants dans certains cas.
Une condition limite toutefois l'opération : le phénomène ne fonctionne qu'entre coraux appartenant au même génotype. Lorsque des coraux de génotypes différents sont mis en contact, les symbiontes du corail sain ne colonisent pas le corail blanchi de manière bénéfique ; ils ont au contraire tendance à le supplanter de façon antagoniste. Cette spécificité génétique explique pourquoi la méthode ne peut pas être appliquée indistinctement à tous les récifs.
L'intérêt de cette découverte tient à ce qu'elle pourrait accélérer la restauration des zones partiellement touchées par le blanchissement. Dans un récif où certains coraux ont résisté à la chaleur, leurs symbiontes sont probablement plus tolérants aux températures élevées. Pouvoir transmettre rapidement ces symbiontes aux coraux voisins blanchis permettrait de sauver des colonies entières sans attendre une recolonisation naturelle, souvent très lente.
Les récifs coralliens figurent parmi les écosystèmes les plus riches et les plus colorés des océans. Leur disparition ne concerne pas seulement les coraux : de nombreuses espèces de poissons, de crustacés et d'invertébrés en dépendent pour se nourrir, se reproduire ou s'abriter. Préserver les coraux revient donc à protéger une part importante de la biodiversité marine.
Le blanchissement survient lorsque les coraux, soumis à un stress thermique, expulsent les algues symbiotiques qui leur fournissent leur énergie et leur couleur. Sans ces partenaires microscopiques, les colonies s'affaiblissent et peuvent mourir si les conditions ne s'améliorent pas. Face à la hausse des températures marines, les scientifiques cherchent des moyens de renforcer la résilience des récifs, et la piste du transfert de symbiontes entre coraux d'un même génotype s'ajoute désormais à cet arsenal.
Les travaux de Stanford restent à ce stade des observations de laboratoire. Leur transposition sur le terrain, à l'échelle de récifs entiers, posera des questions pratiques : comment favoriser le contact entre colonies, à quelle vitesse les symbiontes se propagent-ils en milieu naturel, et quels génotypes privilégier. Mais l'idée que des coraux résistants puissent « contaminer » leurs voisins blanchis de manière bénéfique ouvre une voie originale dans la lutte contre le dépérissement des récifs.
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