L’étage supérieur d’une fusée Falcon 9 de SpaceX doit s’écraser accidentellement sur la Lune ce mercredi 5 août. L’impact, attendu vers 8 h 35 heure française, laissera un cratère à la surface du satellite naturel de la Terre, mais ne présente aucun danger pour notre planète. Pour les scientifiques et les astronomes amateurs, cette collision très rare constitue une occasion exceptionnelle d’observer le panache de débris projeté dans l’espace.
La fusée Falcon 9 avait décollé en janvier 2025 avec deux alunisseurs à son bord. Son premier étage est revenu sur Terre comme prévu, tandis que l’étage supérieur est resté dans l’espace pour poursuivre l’acheminement des deux engins vers leur destination. C’est cet étage qui a ensuite dévié de sa route. « Un mélange d’activité solaire et de forces gravitationnelles l’a finalement placé sur une trajectoire en direction de la Lune », a expliqué Julianna Scheiman, une responsable de SpaceX, lors d’une conférence de presse de la Nasa. Selon elle, cette déviation s’est produite malgré les précautions prises par l’entreprise.
D’après une étude menée par Benjamin Fernando, du Laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau-Mexique, l’étage pèserait environ quatre tonnes, en supposant que tout son carburant a été consommé. L’engin doit percuter la Lune dans son hémisphère nord à une vitesse de 8 690 km/h. L’énergie de la collision devrait soulever un panache de poussière, de roches et de débris, éclairé par le Soleil. « Il sera peut-être possible pour les personnes disposant d’un télescope de l’observer », indique le chercheur, qui appelle les observateurs à tenter de voir, photographier ou enregistrer le phénomène. « On ne sait pas encore à quel point cela sera lumineux, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles nous souhaitons étudier cet événement », ajoute-t-il.
La Nasa a indiqué qu’elle suivait l’engin « à des fins d’entraînement » et qu’elle observerait ensuite le site de l’impact pour en tirer des enseignements scientifiques. « Il n’y a aucun danger pour la Terre », a confirmé Jimi Russell, porte-parole de l’agence spatiale américaine, dans un communiqué. Si la Lune est régulièrement frappée par des débris, les collisions impliquant des objets artificiels sont beaucoup plus rares. Dans les années 1970, la Nasa avait volontairement provoqué des impacts durant le programme Apollo afin de recueillir des données sismiques sur la structure interne de la Lune.
Pour les chercheurs, cet incident non planifié offre une fenêtre d’observation précieuse. En comparant les images du panache avec les modèles théoriques, ils espèrent mieux comprendre la composition du sous-sol lunaire et la façon dont la surface réagit à un choc. L’événement devrait aussi permettre d’affiner les connaissances sur la trajectoire des objets en orbite et sur les forces qui peuvent les faire dévier, un enjeu important pour la sécurité des futures missions d’exploration.
Dans les heures qui suivront l’impact, les personnes équipées d’un télescope pourront tenter de repérer une éventuelle lueur à la surface de la Lune. Les scientifiques estiment toutefois qu’il est encore difficile de prédire la luminosité exacte du phénomène. Le cratère laissé par la collision restera, lui, une trace visible de l’événement.



