Blocage des lycées : 400 à 500 établissements fermés lundi, dont dix-sept dans l'académie de Toulouse
Le ministre de l'Éducation nationale a annoncé la suspension totale ou partielle des cours dans 400 à 500 lycées lundi, en raison des blocages. Dans l'académie de Toulouse, dix-sept établissements resteront fermés. Le Premier ministre demande une reprise partout où la sécurité le permet.
Les cours seront totalement ou partiellement suspendus lundi dans 400 à 500 lycées en France, a annoncé le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray. En cause : les conditions de sécurité ne sont pas réunies dans ces établissements, touchés par le mouvement de blocage lycéen qui s'est étendu à tout le territoire depuis la mi-septembre. Dans l'académie de Toulouse, dix-sept lycées resteront portes closes ce lundi 5 octobre, selon la liste communiquée par les autorités académiques.
La mobilisation, partie de la région parisienne le 17 septembre, a gagné progressivement l'ensemble du pays. Elle s'est intensifiée jeudi dans de nombreuses villes, avec des tensions et des dégradations. Vingt-quatre établissements scolaires ont été incendiés ou saccagés en marge du mouvement, a précisé le ministre. Vendredi, les forces de l'ordre ont procédé à plus de 1 700 interpellations, portant le total à environ 5 000 depuis le début de la semaine. Face à cette situation, le gouvernement a décidé de suspendre les cours là où la sécurité des élèves et des personnels n'était pas assurée.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a adressé dimanche une feuille de route à plusieurs de ses ministres pour répondre à une partie des revendications lycéennes. Il demande que les cours reprennent partout où les conditions de sécurité le permettent et fixe un calendrier précis. Chaque académie devra lancer dès cette semaine un traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus, avec un premier bilan attendu le 16 octobre. Une réunion avec les présidents de région est convoquée mardi sur la rénovation des établissements scolaires. Les ministres concernés devront formuler d'ici à la fin octobre des propositions d'amélioration de Parcoursup.
En Île-de-France, plus d'un tiers des lycées publics seront fermés lundi, soit plus de 160 établissements sur 468, a indiqué la présidente de la région, Valérie Pécresse. Elle a déploré que le mouvement de blocage vire, selon elle, en émeutes urbaines. Les lycéens mobilisés réclament davantage de moyens humains et financiers pour l'Éducation nationale. Ils dénoncent la pression liée à Parcoursup, les professeurs non remplacés, des bâtiments délabrés et des emplois du temps trop chargés. Les organisateurs appellent à poursuivre la mobilisation mardi, faute de mesures concrètes.
La fermeture de centaines d'établissements pose la question de la continuité pédagogique pour des milliers d'élèves. Si le gouvernement affiche sa volonté de répondre à certaines revendications, notamment sur les remplacements et Parcoursup, le bras de fer avec les organisations lycéennes reste ouvert. La journée de lundi sera scrutée de près, alors que de nouveaux rassemblements sont annoncés dans plusieurs villes. Dans l'académie de Toulouse, les dix-sept lycées fermés illustrent l'ampleur nationale d'un mouvement qui, en quelques semaines, a dépassé le cadre de la contestation locale pour devenir un dossier politique sensible.
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