KAIST met au point un détecteur de caméras cachées à 7 dollars pour smartphone
Des chercheurs coréens ont conçu un accessoire LED à bas coût qui, couplé à un logiciel d'intelligence artificielle, repère les reflets optiques des objectifs dissimulés avec 94 % de précision.
Des chercheurs de l'Institut supérieur coréen des sciences et technologies (KAIST) ont mis au point un dispositif peu coûteux capable de détecter les caméras cachées à l'aide d'un simple smartphone. L'accessoire, baptisé SweepLED, se fixe sur le téléphone et permet de repérer les objectifs dissimulés dans une pièce en analysant la lumière qu'ils renvoient.
Le principe repose sur une propriété optique propre aux lentilles. Tous les objets brillants réfléchissent la lumière, mais la construction optique d'un objectif d'appareil photo produit un type de reflet particulier. En balayant une pièce avec les LED du dispositif, l'utilisateur fait apparaître ces signatures lumineuses. Un logiciel entraîné par intelligence artificielle a été développé pour les reconnaître et les signaler.
Lors des tests menés par l'équipe, SweepLED a identifié des caméras dissimulées avec une précision de 94 %. Le coût des composants nécessaires à sa fabrication est estimé à environ 7 dollars, ce qui en ferait l'un des outils de détection les plus accessibles du marché.
Cette innovation répond à une préoccupation croissante des voyageurs. Si la présence de caméras de surveillance dans l'espace public est largement acceptée, l'attente de confidentialité demeure forte dans les chambres d'hôtel et les locations touristiques. En 2024, environ 75 plaintes ont été déposées contre la plateforme Airbnb par des clients ayant découvert qu'ils avaient été filmés à leur insu par leurs hôtes.
Face à ces révélations, Airbnb a interdit les caméras cachées dans ses hébergements. L'application de cette règle reste toutefois difficile, car la détection de ces dispositifs exige des moyens techniques que les voyageurs ne possèdent pas toujours. Le système développé par KAIST pourrait combler cette lacune en offrant une méthode simple et abordable.
Pour l'instant, les chercheurs n'ont annoncé aucun projet de commercialisation. Le faible coût de production laisse pourtant entrevoir un potentiel commercial important, alors que la demande de solutions de protection de la vie privée ne cesse de croître.
