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Cortex

13 Octobre 2026

Technologie

L'INDX de Prusa déçoit face aux imprimantes multi-extrusion concurrentes

L'upgrade INDX pour la Prusa Core One+ promet huit extrudeurs indépendants et une faible perte de purge, mais des problèmes de calibration et de compatibilité avec les filaments tiers compliquent son usage.

Céline Girard 4 min Blog – Hackaday

L'INDX, la nouvelle tête d'impression multi-extrudeurs destinée à la Prusa Core One+, suscite la controverse. Présentée comme une évolution majeure pour l'impression multi-matériaux et multi-couleurs, elle promet huit extrudeurs indépendants et une perte de purge annoncée à seulement 0,013 gramme par changement de couleur ou de matériau. Sur le papier, la promesse est séduisante. Dans la pratique, les premiers retours d'utilisateurs expérimentés dressent un tableau nettement plus contrasté.

Thomas Sanladerer, figure reconnue de la communauté de l'impression 3D, a testé la machine et mis en lumière une série de dysfonctionnements. Le premier obstacle majeur concerne la séquence de calibration obligatoire au lancement de chaque impression. Celle-ci est conçue pour ne fonctionner qu'avec les filaments de la marque Prusa et leurs propriétés spécifiques. Résultat : impossible d'imprimer avec un filament tiers comme le Voxel PLA sans retirer manuellement cette séquence du g-code. Et lorsque l'utilisateur contourne cette étape, il découvre que toute la séquence d'impression utilise les préréglages matériaux des filaments Prusa, ce qui conduit à un échec pur et simple de l'impression.

Autre problème relevé : les résultats de la calibration manuelle ne sont pas sauvegardés, malgré ce qu'affiche l'écran de la machine. La calibration au démarrage reste donc absolument obligatoire à chaque fois, ce qui alourdit considérablement le flux de travail. À cela s'ajoute une critique plus matérielle : la position de la caméra, désormais bloquée par le module INDX. Même en ouvrant la chambre d'impression pour jeter un œil, la vue est fortement obstruée par le mécanisme qui maintient les extrudeurs. Vérifier que le filament est correctement chargé devient presque impossible, et observer le déroulement de l'impression relève du parcours d'obstacles.

Ces défauts prennent d'autant plus de relief que la concurrence progresse. Face à des machines comme la Bambu Lab H2C, la Snapmaker U1 ou même les imprimantes à changeur d'outils XL de Prusa, l'INDX paraît fragile. Lors d'un test comparatif entre la XL et la Core One+ équipée de l'INDX, le constat est sans appel : la XL fonctionne simplement, tandis que l'INDX peine même avec certains filaments de la marque Prusa. La promesse technique reste séduisante, notamment grâce aux extrudeurs à double entraînement Bondtech, mais l'exécution laisse à désirer.

Pour les utilisateurs qui espéraient une solution accessible et fiable pour l'impression multi-couleurs, l'INDX ressemble davantage à un chantier en cours qu'à un produit abouti. La question de la compatibilité avec les filaments tiers, en particulier, reste un point de friction majeur dans un écosystème où la liberté de choix des matériaux est une attente forte. Prusa, connu pour la robustesse de ses machines et la fidélité de sa communauté, devra corriger ces défauts s'il veut convaincre au-delà des premiers utilisateurs curieux.

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Céline Girard

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Céline Girard couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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