La Gen Z se tourne vers des objets technologiques à fonction unique
Lecteurs de CD, consoles portables et radios d'urgence séduisent une génération en quête de distance avec les écrans et les notifications.
Une partie de la génération Z délaisse les applications omniprésentes pour des appareils qui ne font qu'une seule chose. Lecteurs de CD portables, consoles de jeu à puce FPGA, radios d'urgence à manivelle et appareils photo compacts à commandes physiques composent une mouvance où l'objet remplace l'écran comme interface principale. Le phénomène ne relève pas uniquement de la nostalgie. Il traduit un besoin de reprendre la main sur son attention, dans un environnement où chaque service numérique cherche à la capter.
Le Syitren R400 illustre cette tendance. Ce lecteur de CD Bluetooth 5.3, conçu par ORGDOT, mise sur un format compact et une coque détachable personnalisable. Son cœur CD maison affiche un rapport signal-bruit de 70 dB, et une ingénierie anti-vibrations limite les sauts de lecture en déplacement. Une compartiment de charge encastré avec passage de câble intégré protège le connecteur à l'usage. L'appareil offre plus de quatre heures d'autonomie, en Bluetooth ou en filaire, vers un casque ou un autoradio. Sony s'étant progressivement retiré de ce segment, le R400 occupe un espace où la concurrence est presque absente, ce qui limite la pression sur le prix comme sur les performances.
La Game Bub, portée par Crowd Supply, adopte une autre stratégie. Là où la plupart des consoles rétro reposent sur l'émulation logicielle, elle utilise une technologie FPGA qui recrée au niveau du circuit le matériel des Game Boy, Game Boy Color et Game Boy Advance. Cette approche promet une fidélité que l'émulation ne peut égaler, y compris pour les cartouches d'origine. Le boîtier transparent, proposé en violet et en blanc, reprend le format horizontal de la GBA, avec des boutons d'épaule placés là où les doigts les attendent et deux haut-parleurs stéréo d'un watt. S'y ajoutent le chargement USB-C, une prise casque, un port microSD pour les mises à jour, une sortie vidéo pour jouer sur grand écran, le Bluetooth basse consommation, le Wi-Fi 2,4 GHz et une batterie de 3000 mAh. La précision matérielle a un coût, et les mises à jour logicielles de ces appareils open source demandent de la patience aux acheteurs précoces.
La Clip&Go Radio déplace la question vers l'utilité. Cette radio FM compacte se fixe directement sur un sac ou un équipement, et intègre une lampe torche, une manivelle et un panneau solaire. Elle fonctionne donc quand d'autres appareils sont à court d'énergie, ce qui en fait un outil de préparation autant qu'un objet du quotidien. Son format physique la rapproche du lecteur de CD et de la console portable : pas d'algorithme, pas de lecture automatique, pas de recommandations. On syntonise une station, on l'accroche, et on part. À 60 dollars, elle reste l'objet le plus accessible de cette sélection, même si la qualité du signal FM dépend fortement de la couverture locale et si, sur le papier, des enceintes Bluetooth en font davantage.
Le quatrième objet, Camera (1), reste à l'état de concept signé Rishikesh Puthukudy. Il imagine un compact moderne construit autour de commandes physiques plutôt que de menus tactiles : corps métallique, angles arrondis, contrôles principaux accessibles sans quitter la prise en main. L'intention rejoint celle des autres appareils : séparer l'acte de photographier de la présence permanente du téléphone. Ce qui relie ces objets n'est ni une esthétique commune ni un prix partagé, mais une même résistance. Chacun donne aux mains quelque chose de réel à faire, qu'il s'agisse de faire tourner un disque, d'appuyer sur un bouton ou de cadrer une image sans écran interposé. La génération Z n'a pas cessé d'aimer la technologie. Elle s'est détournée de celle qui traite son attention comme une marchandise, pour lui préférer des objets qui la protègent.
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