Un passionné fait tourner Lunar Lander sur un PDP-1 de 1959
Michael Gardi a porté le jeu Lunar Lander sur le PDP-1, un mini-ordinateur de 1959, dans le cadre d'un concours de retrocomputing. Une performance qui relie l'histoire de DEC à la culture hacker.
Le monde du retrocomputing regarde souvent vers les années 1980, décennie de la révolution des ordinateurs personnels. Mais un projet récent rappelle que l'histoire de l'informatique ludique commence bien plus tôt. Michael Gardi a réussi à faire tourner Lunar Lander, le célèbre jeu d'alunissage, sur un PDP-1, le premier mini-ordinateur de Digital Equipment Corporation, commercialisé en 1959.
Le PDP-1 est une machine emblématique : c'est sur elle qu'est né SpaceWar, l'un des tout premiers jeux vidéo graphiques, développé au début des années 1960. Malgré des capacités matérielles plus limitées que celles du PDP-8, le PDP-1 peut donc afficher des graphismes. Michael Gardi a exploité cette possibilité pour porter Lunar Lander dans sa version graphique, et non dans sa version purement textuelle.
Car l'histoire de Lunar Lander est plus ancienne qu'on ne le croit souvent. Beaucoup attribuent la naissance du jeu à la borne d'arcade d'Atari de 1979. En réalité, la première version, uniquement textuelle et baptisée Lunar Landing Game, a été imaginée dix ans plus tôt chez DEC, sur un PDP-8. Les amateurs de cette époque se souviennent peut-être d'avoir tapé la version BASIC du jeu. Le projet de Michael Gardi ne se contente pas de reproduire cette version : il transpose le jeu dans sa forme graphique sur une machine encore plus ancienne et plus contrainte.
Le résultat est accessible au public. Il est possible de jouer à la version émulée en ligne ou de télécharger le programme pour l'essayer soi-même. Cette mise à disposition s'inscrit dans le cadre d'un concours de retrocomputing qui rassemble des projets de plus en plus anciens. Selon les organisateurs, il reste trois semaines pour participer et tenter de décrocher les prix offerts, ainsi qu'une forme de reconnaissance dans la communauté.
Michael Gardi espère aller plus loin : il souhaite pouvoir exécuter un jour son portage sur le seul PDP-1 encore en état de fonctionnement. La machine incarne, selon lui, le berceau de la culture hacker. En attendant, son travail rappelle que l'histoire du jeu vidéo ne se résume pas aux années 1980 et que les machines des origines continuent d'inspirer les passionnés.
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