Un projet d’IA diffuse chaque jour un album aléatoire tiré des ondes du monde
Impermanence Series A, un projet de Sam Scorsby, assemble chaque jour un album unique à partir d’émissions radio et de flux captés dans le monde entier, avant une sélection finale faite à la main.
Chaque jour, un album inédit naît d’un mélange aléatoire d’extraits sonores captés dans le monde entier. Le projet Impermanence Series A, imaginé par Sam Scorsby, puise dans des émissions d’ondes courtes et FM, des flux web, des micros en direct et, à l’occasion, des fonds de l’Internet Archive pour composer chaque jour une pièce sonore singulière. Le principe rappelle que, malgré la domination du streaming, la radio diffusée par les ondes reste bien vivante : il suffit, selon l’auteur, d’une antenne suffisamment grande et d’un pylône pour écouter le monde.
Le résultat ne relève pas forcément de la musique au sens strict, reconnaît implicitement le projet lui-même. Il s’apparente plutôt à un voyage aléatoire à travers le spectre radio planétaire, où l’on tourne le bouton de réglage et tombe sur des voix, des bruits et des ambiances venues de partout. L’intérêt tient autant à la surprise qu’à la variété des sources, et le projet offre un aperçu, certes partiel, de ce qui circule sur les ondes à un instant donné, puisqu’il est impossible d’écouter soi-même l’ensemble des émissions diffusées sur la planète.
Sam Scorsby a publié les scripts Python qui assemblent chaque album quotidien. Il ne cache pas que le projet a été conçu avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, et c’est précisément ce qui l’intéresse. Il se situe, selon ses propres mots, à mi-chemin dans le débat actuel sur l’IA : les machines savent traiter de grandes quantités de données brutes, mais il faut encore une intervention humaine pour leur donner du sens et du contexte. Le code étant public, chacun peut examiner la manière dont les morceaux sont sélectionnés et combinés.
Concrètement, chaque jour, Sam Scorsby écoute le dernier album généré par ordinateur et retient ses morceaux préférés. Une fois le projet arrivé à son terme, il prévoit de réunir ces choix dans une compilation « Best Of » organisée par ses soins. Le dispositif repose donc sur un partage des rôles : la machine produit la matière brute en grand nombre, l’humain opère la sélection, la mise en perspective et le tri de ce qui mérite d’être conservé.
Le projet ne devrait pas, de l’avis même de la personne qui le présente, faire changer d’avis les internautes déjà arrêtés sur leur position à propos de l’IA. Il est en revanche salué pour son approche réfléchie, qui refuse à la fois le rejet systématique et l’adhésion aveugle à ces outils. L’expérience reste en cours : l’aboutissement, avec la compilation finale, n’est pas encore connu, et la question de savoir si l’ensemble tiendra la promesse d’une écoute du monde reste ouverte.
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