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3 Septembre 2026

Elmer Rice

Culture

À l’ombre de la rue Jankowski, Seth signe une fresque en trompe-l’œil devenue culte

Dans le quartier Saint-Nicolas du Mans, l’artiste parisien Seth a peint « Rabbit Hole », une fresque anamorphique de six étages qui a été classée cinquième meilleure œuvre murale du monde en 2022 par Street Art Cities.

Céline Girard 3 min Atlas Obscura - Latest Articles and Places

Au bout d’une impasse du quartier Saint-Nicolas, au Mans, un mur semble s’ouvrir sur un tunnel rayé et lumineux. Cette illusion est l’œuvre de Seth, artiste parisien invité d’honneur du festival d’art urbain Plein Champ, qui a réalisé cette fresque monumentale en mai et juin 2022. Intitulée « Rabbit Hole », elle s’étend sur trois bâtiments et six étages de façades, transformant un cul-de-sac ordinaire en passage imaginaire grâce à une perspective anamorphique.

Cette technique, qui ne révèle son effet tridimensionnel que depuis un angle de vue précis, donne l’impression que la rue a été littéralement percée. Au cœur de cette scène, un enfant poursuit un lapin blanc vers la lumière, une image qui puise dans les thèmes de l’enfance et de l’évasion, chers à l’artiste. Seth, de son vrai nom Julien Malland, est connu pour ses personnages d’enfants aux couleurs vives, souvent représentés dans des situations oniriques ou engagées, sur les murs du monde entier, de Paris à Shanghai en passant par l’Afrique et l’Amérique latine.

L’œuvre n’est pas restée confidentielle longtemps. Quelques mois après son achèvement, la communauté Street Art Cities, qui recense les fresques du monde entier via une application et un réseau de contributeurs, a organisé son vote public annuel pour désigner la meilleure œuvre murale de 2022 parmi une centaine de sélections. « Rabbit Hole » s’est hissée dans le top dix, puis dans le top cinq, atteignant même la deuxième place à un moment du scrutin avant de terminer cinquième au classement final. Il s’agit de la seule fresque française présente dans ce palmarès mondial.

Depuis, cette réalisation est devenue l’une des étapes les plus photographiées du parcours d’art urbain du Mans, qui compte déjà des dizaines d’autres fresques commandées à travers la ville. Mais c’est bien pour « Rabbit Hole » que les visiteurs font un détour, souvent munis de leur téléphone pour capturer l’illusion depuis le point de vue idéal. Le festival Plein Champ, qui a permis cette création, contribue ainsi à faire du Mans une destination émergente pour les amateurs de street art, mêlant patrimoine historique et création contemporaine dans les ruelles les plus inattendues.

Céline Girard

Auteur

Reporter

Céline Girard couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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