Atelier GABU érige une tour d’observation en bois sur une colline française
Pour le festival L’Écho du Marteau, l’agence Atelier GABU a conçu et construit à la main Brunebasse, une tour d’observation légère face aux ruines d’un donjon médiéval, à Vaudémont.
L’agence Atelier GABU a conçu et construit à la main Brunebasse, une tour d’observation temporaire installée sur une colline de Vaudémont, dans le nord-est de la France. Réalisée pour l’édition 2021 du festival L’Écho du Marteau, consacré à l’expérimentation architecturale, la structure fait face aux vestiges du donjon de Brunehaut, une forteresse médiévale en ruine. Le projet s’inscrit ainsi dans une manifestation qui invite chaque année à interroger les formes et les usages de la construction, en dehors des cadres habituels.
Le contraste entre les deux édifices est au cœur de la démarche. Là où le donjon repose sur une maçonnerie de pierre lourde, dense et ancienne, la tour s’élève comme une trame de bois légère et perméable. Les concepteurs ont donné la priorité à la vue panoramique plutôt qu’à un intérieur clos : l’ouvrage n’est pas pensé comme un volume protégé, mais comme un point d’où regarder le paysage et la silhouette de la forteresse. Le dialogue entre une construction massive, figée depuis des siècles, et une structure éphémère qui laisse passer l’air et la lumière, constitue l’un des fils conducteurs du projet.
La construction a été réalisée sans outillage mécanique. Les éléments sont de fines pièces de bois de charpente, dites de section modeste, assemblées par des liaisons mécaniques directes qui évitent les dispositifs complexes et permettent une structure aérée. Cette économie de moyens est présentée, dans les éléments dont on dispose, comme une étude sur l’économie de la matière : chaque élément doit remplir une fonction précise, et rien n’est ajouté au-delà de ce qui est nécessaire pour tenir debout et offrir une vue.
Certaines travées extérieures sont habillées d’un voile textile semi-transparent. Ce tissu tamise la lumière du soleil tout en conservant les lignes de vue vers l’extérieur, si bien que le visiteur reste en contact visuel avec le paysage même lorsqu’il est partiellement protégé. Au fil de la journée, le soleil projette sur le tissu les ombres diagonales des contreventements, dessinant un jeu de motifs qui évolue avec l’heure et la position de l’astre. Le voile ne sert donc pas seulement d’écran : il devient un support sur lequel se lit la structure elle-même.
Le parcours de visite suit une logique de montée progressive. Les visiteurs gravissent les niveaux intérieurs jusqu’à une plateforme supérieure sans toiture, qui offre une vue dégagée sur la colline et sur le donjon. Ce cheminement vertical transforme la découverte du site en expérience physique : plus on monte, plus le paysage s’ouvre et plus la relation entre la tour et la ruine devient lisible depuis le point le plus élevé.
Présentée comme une expérimentation dans le cadre du festival, Brunebasse s’inscrit dans une série de propositions qui interrogent la construction temporaire et les formes légères. Le projet est issu d’une soumission publiée sur un site spécialisé en architecture, ce qui situe l’ouvrage dans la circulation des réalisations d’architectes et de collectifs qui rendent compte de leurs chantiers et de leurs recherches. L’ensemble reste ainsi documenté par ses concepteurs, sans que des bilans chiffrés ou des réactions du public soient disponibles à ce stade.
Source: designboom.com
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