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Cortex

26 Août 2026

Gage Skidmore

Culture

Dan Stevens reprend l’armure de RoboCop pour Prime Video

La série de Peter Ocko confie à Dan Stevens le rôle d’Alex Murphy et remet au centre les questions de technologie, d’identité et de pouvoir privé.

Céline Girard 5 min

RoboCop revient à la télévision avec une nouvelle incarnation : Dan Stevens jouera Alex Murphy dans la série développée pour Prime Video. Le choix du comédien donne une première indication sur la façon dont cette adaptation pourrait aborder un personnage qui, depuis 1987, appartient autant à l’histoire du cinéma de science-fiction qu’à une certaine tradition de satire politique et technologique.

Prime Video a commandé huit épisodes. La présentation officielle décrit un gigantesque conglomérat technologique qui convainc une ville de placer un robot puissant au sein de ses forces de police. La machine contient la conscience d’un officier mort, aimé de la population. Stevens sera cet officier. En quelques lignes, le principe retrouve la tension du film originel : la technologie promet l’efficacité, tandis que l’être humain à l’intérieur rappelle le prix de cette efficacité.

Stevens est un acteur habitué aux personnages qui changent de peau. Downton Abbey l’a installé dans l’imaginaire du public sous les traits de Matthew Crawley, mais Legion a révélé une tout autre énergie, plus inquiétante et instable. La série de Noah Hawley explorait précisément les frontières de l’identité et de la perception. Dans La Belle et la Bête ou Godzilla x Kong : Le Nouvel Empire, il a encore déplacé son registre. Il doit par ailleurs apparaître dans la deuxième saison de Dexter: Resurrection.

Peter Ocko sera scénariste, showrunner et producteur exécutif de RoboCop. James Wan, Michael Clear et Rob Hackett sont producteurs exécutifs via Blumhouse Atomic Monster. Les cocréateurs du film original, Michael Miner et Ed Neumeier, rejoignent également la production exécutive, tandis qu’Amazon MGM Studios produit la série. Cette architecture créative associe donc une équipe de télévision contemporaine à des responsables directement liés aux origines du personnage.

Le RoboCop de Paul Verhoeven, sorti en 1987 avec Peter Weller, s’est imposé parce qu’il refusait de choisir entre divertissement et critique. Son univers transformait la violence, la publicité et la privatisation en une même langue grotesque. La mégacorporation n’était pas un simple méchant : elle proposait de gérer la ville, la police et jusqu’au corps de Murphy. C’est cette cohérence qui a donné au film une durée de vie supérieure à beaucoup de spectacles futuristes de son époque.

La franchise s’est ensuite développée à travers deux suites au cinéma, plusieurs adaptations télévisées, des séries animées, des jeux et des comics. Un reboot réalisé pour le cinéma en 2014 avait confié le rôle à Joel Kinnaman. Pourtant, chaque retour du personnage se heurte à la même difficulté : reproduire l’apparence de RoboCop est facile, retrouver l’équilibre entre action, absurdité et inquiétude sociale l’est beaucoup moins.

La nouvelle série arrive dans un contexte favorable à cette interrogation. Les technologies d’intelligence artificielle se diffusent dans les entreprises et les institutions, les systèmes de surveillance deviennent plus sophistiqués, et les relations entre pouvoir public et plateformes privées sont désormais au cœur des débats. James Wan a insisté sur le fait que les questions de technologie, d’identité et de pouvoir corporatif posées par le film original sont devenues encore plus urgentes.

Huit épisodes permettront peut-être de déplacer l’attention du simple spectacle vers le processus de transformation. Que devient la mémoire d’un individu lorsqu’elle est intégrée à une machine conçue pour remplir une mission ? Une conscience suffit-elle à faire une personne lorsque le corps appartient à une organisation ? Et que signifie la responsabilité morale lorsque l’action dépend d’un système programmé ?

Aucune date de diffusion n’a encore été annoncée. Mais en confiant Alex Murphy à Dan Stevens, Prime Video choisit un acteur dont le parcours suggère que la fragilité et l’étrangeté du personnage compteront autant que son armure. C’est probablement là que se jouera la réussite de ce nouveau RoboCop.

Céline Girard

Auteur

Reporter

Céline Girard couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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