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27 Août 2026

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Culture

Douze réservoirs rendent visible l’évaporation de l’eau au Pavillon Mies van der Rohe

L’installation éphémère « Plou prou? » au Pavillon Mies van der Rohe de Barcelone matérialise la perte d’eau par évaporation des bassins miroirs. Douze cuves industrielles, un aqueduc temporaire et des panneaux interactifs invitent à repenser le lien entre architecture, eau et crise climatique.

Anaïs Aubert 3 min design archives | designboom | architecture & design magazine

Le Pavillon Mies van der Rohe de Barcelone accueille jusqu’au 30 juillet 2026 une installation éphémère qui rend tangible l’un des enjeux les plus discrets de l’architecture : la perte d’eau. Intitulée « Plou prou? », cette intervention signée par Cierto Estudio, h3o architects et Metrònom a été retenue dans le cadre de l’appel à projets ouvert pour Barcelone, capitale mondiale de l’architecture 2026. Elle propose aux visiteurs de repenser la relation entre architecture, eau et crise climatique.

Le projet se concentre sur l’un des éléments les plus emblématiques du pavillon : ses bassins réfléchissants. Loin d’être de simples surfaces statiques, ces plans d’eau sont des systèmes fragiles, soumis à la chaleur et à l’évaporation. Pour préserver l’image architecturale familière du lieu, il faut constamment les réapprovisionner. Douze réservoirs industriels surélevés accumulent plus de 12 000 litres d’eau souterraine, soit le volume estimé de l’évaporation du bassin principal pendant les quatorze jours de l’intervention.

Un canal surélevé traverse le pavillon tel un aqueduc temporaire et restitue l’eau au bassin par un goutte-à-goutte continu. Ce filet d’eau permanent rend physiquement visible l’évaporation et l’écoulement du temps. L’installation met ainsi en lumière les infrastructures hydriques invisibles de Barcelone et le paysage de l’eau plus large de la colline de Montjuïc, où se dresse le pavillon.

Sur le mur extérieur, six panneaux présentent une recherche sur l’histoire écologique, politique et hydrique de Montjuïc. Les textes restent cachés lorsqu’ils sont secs et ne deviennent visibles que lorsque les visiteurs les vaporisent d’eau, transformant l’acte de lecture en une participation à l’installation. Cette dimension interactive souligne que l’architecture ne doit pas être comprise comme un objet isolé, mais comme une partie active d’un écosystème et d’une responsabilité partagée.

L’installation a été accompagnée d’un programme public mêlant performance, poésie, débat, gastronomie et musique. Ces activités ont réactivé le rôle historique des fontaines comme lieux de rencontre, d’échange et de réflexion collective. L’ensemble du projet, documenté par les photographes Simone Marcolin et Cecília Coca, s’inscrit dans une réflexion plus large sur la manière dont l’architecture contemporaine doit composer avec les ressources naturelles et le changement climatique.

Anaïs Aubert

Auteur

Rédactrice actualités

Anaïs Aubert couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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