Foster + Partners achève Agravitas, extension flottante du musée des Beaux-Arts de Bilbao
Le musée des Beaux-Arts de Bilbao rouvrira le 6 octobre 2026 avec Agravitas, une extension signée Foster + Partners et Luis María Uriarte qui ajoute environ 6 000 mètres carrés en surplomb des bâtiments historiques, tout en créant un atrium public de plus de 1 000 mètres carrés.
Le musée des Beaux-Arts de Bilbao s’apprête à rouvrir ses portes le 6 octobre 2026 avec une transformation architecturale majeure. L’agence Foster + Partners, associée à l’architecte bilbaïen Luis María Uriarte, a achevé Agravitas, une extension d’environ 6 000 mètres carrés qui vient se poser au-dessus des bâtiments existants, sans les masquer. Le projet, lauréat d’un concours international en 2019, consistait à étendre le musée vers le haut, dans l’espace libre au-dessus du site, plutôt que de construire à côté.
La nouvelle structure se déploie sur 55 mètres entre des groupes de colonnes tubulaires en V, formant un large pont surélevé dont les porte-à-faux profonds s’avancent vers la ville. Depuis la rue, cette strate supérieure modifie immédiatement la silhouette du musée : ses longs bords horizontaux dépassent largement la façade de maçonnerie ancienne, tandis que des sections vitrées laissent deviner la profondeur du volume. Les bâtiments de 1945 et l’extension de 1970 restent clairement visibles en dessous, préservant la lisibilité des différentes étapes architecturales qui ont façonné le musée pendant près d’un siècle.
En soulevant l’extension, les architectes ont libéré un espace inattendu au niveau du sol. L’ancienne Plaza Arriaga est devenue un atrium couvert de plus de 1 000 mètres carrés, abrité sous le ventre de la galerie. Le monument restauré de Francisco Durrio dédié au compositeur bilbaïen Juan Crisóstomo de Arriaga retrouve sa place au centre de cet espace, sous une ouverture circulaire de six mètres percée dans la structure supérieure. Des œuvres d’Eduardo Chillida et de Richard Serra occupent également l’atrium, qui devient le cœur d’un musée assemblé par couches successives. Les visiteurs peuvent à nouveau entrer par le portail d’origine du bâtiment de 1945, puis traverser le complexe selon un nouveau parcours nord-sud qui longe les anciennes façades, les galeries existantes et la structure suspendue au-dessus. Les différences de niveau ont été gommées dans les principaux espaces publics, facilitant la circulation entre les différentes parties du musée. L’architecture reste visible tout au long du cheminement, les élévations anciennes devenant des murs intérieurs autour du nouvel espace partagé.
À l’intérieur d’Agravitas, environ 2 300 mètres carrés sont consacrés aux nouvelles surfaces d’exposition. L’étage supérieur accueille BBK Museoa, une grande galerie sans colonnes conçue pour les expositions temporaires. Les fonctions techniques sont repoussées vers la périphérie afin que la salle centrale reste ouverte et flexible. Des vitrages orientés au nord apportent la lumière du jour dans la galerie tout en ouvrant la vue vers le parc voisin, et une terrasse attenante offre un espace supplémentaire pour la sculpture. L’extension augmente également de 1 635 mètres carrés la surface disponible pour la collection permanente. Sous la galerie principale, d’autres espaces accueillent la collection d’architecture et de design du musée ainsi que des usages éducatifs. Au total, environ 8 000 mètres carrés d’architecture existante ont été rénovés dans le cadre d’Agravitas, notamment l’aile de 1970 signée Álvaro Líbano et Ricardo Beascoa.
L’acier joue un rôle visuel et structurel déterminant. L’extension surélevée repose sur de grandes colonnes en V, sa charpente en forme de pont s’étendant au-dessus du musée ancien. Une grande partie de la structure a été produite localement, en s’appuyant sur l’expertise manufacturière du Pays basque. Le matériau renoue avec l’identité de Bilbao, où la production sidérurgique et l’ingénierie ont façonné à la fois l’industrie et l’architecture de la ville. La toiture intègre plus de 500 mètres carrés de panneaux photovoltaïques, tandis que la façade en porte-à-faux ombrage les vitrages situés en dessous. La ventilation naturelle et la lumière du jour participent également de la stratégie environnementale.
Le geste le plus fort reste lisible depuis l’extérieur : le musée a gagné une surface substantielle en occupant l’air au-dessus de lui-même. Agravitas se tient suffisamment haut pour que les bâtiments inférieurs conservent leur indépendance visuelle, transformant l’espace entre les générations d’architecture en l’une des parties les plus actives du projet.
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